L’idolâtrie

Daniel Thévenet

Samedi 6 Décembre 2003

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Session 1

L’idolâtrie est un sujet qui interpelle aussi le monde séculier : plusieurs colloques ont été récemment organisés sur ce sujet. Je vais vous présenter l’articulation des interventions. Le dernier verset de la première épître de Jean nous dit :

1 Jean 5, 21 Petits enfants, gardez vous des idoles

Jean avait une grande liberté avec Jésus. Jean est le dernier et seul apôtre mort de mort naturelle. L’idolâtrie est quelque chose dont même les chrétiens murs doivent se méfier. Aucun peuple idolâtre ne se reconnaît comme idolâtre.

Pour la philosophie moderne, qui a essayé d’évincer Dieu, les premiers hommes étaient des gens rustres et la religion serait née des craintes et des frayeurs des hommes des cavernes. Ceux-ci ont commencé d’adorer les forces de la nature, le soleil. D’après cette philosophie, la mort les a interpellés, le culte des ancêtres et des esprits est né. Ainsi, des religions se sont fabriquées et sont devenues de plus en plus complexes. Petit à petit, le concept de monothéisme est apparu. Au XIXème siècle, les philosophes comme Nietzsche ont écrit que Dieu était mort. Or, la Bible ne dit pas du tout cela. Elle indique que les premiers hommes étaient des adorateurs de Dieu. La chute de l’homme a créé une nostalgie du paradis et une nostalgie de Dieu.

Avant d’entrer dans le sujet de l’idolâtrie, il est important de voir comment le Diable est venu perturber l’image de Dieu dans l’homme et l’image que l’homme se faisait de lui-même. L’homme coupé de Dieu est un enfant perdu. Il ne sait plus qui il est. Satan a perturbé l’image que nous avons de Dieu et de nous-mêmes. Adorer Dieu en esprit et en vérité, c’est la victoire entière sur toute forme d’idolâtrie. Nous sommes 15 après-midi et nous avons tous les 15 une perception différente de Dieu. Nous avons tous une image intérieure différente et des filtres.

Notre image de Dieu est filtrée par notre vécu, notre éducation. Nous allons voir comment Satan est venu perturbé l’image de Dieu dans le cœur d’Adam et d’Eve.

Depuis 20 ans, j’étudie le chapitre 3 de la genèse. J’y trouve les racines de tous les problèmes de l’humanité.

Jean 14,30 nous montre que Satan n’a pas pu faire à Jésus ce qu’il avait fait à Adam et Eve. L’acte de désobéissance d’Eve n’était que la conséquence de ses pensées. Eve était quelqu’un de saint et de pur mais cela ne l’a pas protégée de la tentation. Notre sainteté et notre pureté ne nous protègent pas de Satan. Jésus ne donnait par contre aucune prise à Satan.

Genèse 3, 2-16

Satan a semé la zizanie dans l’humanité. Le serpent était le plus rusé des animaux. Le mot rusé signifie habile, malicieux, qui connaît le chemin, qui a un certain savoir-faire. Il est employé en proverbes 8,12. Jésus emploie le même mot pour recommander à ses disciples d’être rusés comme des serpents. La situation est cependant est tragi-comique. Le serpent peut parler. Voilà un animal qui parle. Dieu avait dit à l’homme qu’il devait dominer sur la nature. L’homme a donné des noms aux animaux et a dû passer du temps à le faire. Or le serpent se présente en prétendant savoir des choses sur Dieu que l’homme ne connaissait pas.

Satan aurait pu se présenter à Eve sous la forme d’un ange de lumière. Il s’est présenté sous une forme inférieure. Nous trouvons aussi dans ce passage l’origine de l’occultisme. Ces religions occultes affirment avoir découvert des choses spirituelles réservées à des initiés au prix d’un chemin d’initiation

2 Corinthiens 2, 10-11

Satan cherche à exploiter des situations en prenant un avantage dans des domaines qui ne lui appartiennent pas. Dans la première épître aux Corinthiens, Paul a exhorté à isoler un membre de l’église. Paul dit dans ce passage qu’il pardonne à cet homme. Satan a des plans, des stratégies. En Genèse 3, la stratégie de Satan est d’inoculer par dose homéopathique des modes de pensée hostiles à Dieu. Si Paul gardait de l’amertume dans son cœur, c’était une porte ouverte à Satan. Quand Satan a tenté Jésus, il a essayé de le faire douter de l’amour de Dieu. Mais il n’a pas trouvé de point d’appui dans le cœur de Jésus. Pourtant, Jésus a été 100% homme, il a été tenté en toutes choses comme nous. A Gethsémané, il a reconnu qu’en tant qu’homme, il ne voulait pas de la croix, mais il s’est soumis à la volonté de Dieu. Jésus le second Adam a tracé un chemin que nous pouvons suivre. Aucun sentiment de haine n’a pu entrer dans son coeur.

Le premier pêcheur dans la Bible est Satan. L’origine du mal est un mystère. Jésus a été exposé au mal mais l’a refusé. Adam n’était pas là quand Eve a été tentée par le Diable. Il n’a pas joué son rôle de mari.

Nous allons essayer de décrire la tentation luciférienne. Le but de Satan est de faire pêcher Adam et Eve. Pour désobéir, il faut une certaine mentalité. Quand nous venons de passer un bon moment avec Dieu, nous n’avons pas envie de pêcher. Satan va essayer de manipuler Eve pour qu’elle pense certaines choses sur Dieu. Il faut qu’elle arrive à considérer l’interdiction d’une autre manière. Satan a pointé Job du doigt comme il a montré l’arbre à Eve. Dieu avait raison d’être sur de Job mais c’est Satan qui pointe du doigt. Satan va dire des mensonges à Eve.

En Genèse 3,1 Satan dit « Dieu a-t-il réellement dit … ». Il y a une différence énorme entre l’interdiction exprimée par Dieu à Adam et la façon dont Eve le retranscrit à Satan. Dieu a dit ne pas manger et Eve a ajouté qu’il ne fallait pas toucher. Tout ce qu’on ajoute à la parole de Dieu est de la religion. Un autre exemple est le sabbat qui a été fait pour le repos de l’homme et qui était devenu un jour où tout était interdit aux juifs.

Satan ne dit pas que Dieu est menteur ou manipulateur mais il sème le doute quant à l’amour de Dieu pour elle. Sa présentation tordue banalise le péché et ses conséquences. Il lui donne l’impression que Dieu la prive. Il donne une image de Dieu, une idole. Pourtant, Dieu n’a pas changé. Satan a construit dans la pensée de l’homme une image de Dieu qui n’est pas Dieu lui-même. Il va en plus leur donner à croire que leur épanouissement est dans la rupture avec Dieu.

Cette idée fausse demeure: pour s’épanouir, il faut se séparer de Dieu. Au verset 5, Satan leur propose de ressembler à Dieu. Dieu était la personne qu’Adam et Eve admiraient le plus. Le légalisme est une proposition pour ressembler à Dieu par d’autres moyens que ceux que Dieu veut. La désobéissance est le fruit d’un cheminement dans lequel l’image de Dieu est faussée. Le Dieu dont parle Satan n’est pas le créateur d’Adam et Eve. Nous sommes en plein dans le processus de l’idolâtrie. Comment puis-je encore avoir confiance en Dieu quand il me cache des choses et me menace des choses qui ne m’arriveront pas. C’est pour cela que le plus grand péché dans la culture hébraïque est le blasphème. Blasphémer, c’est parler faussement de Dieu. Job offre un sacrifice à la fin pour ses amis parce qu’ils ont parlé faussement de Dieu.

Qui est Dieu pour nous ce soir ?

Les épreuves mettent en lumière notre connaissance de Dieu. Jésus revient bientôt et des temps difficiles viennent pour l’église.

Le problème n°1 de l’homme est le rejet. Est-ce que le pêché sépare l’homme de Dieu ou Dieu de l’homme ? Genèse 3 nous montre que l’homme et la femme se sont cachés du regard de Dieu alors que Dieu les cherchait. Deux évènements ont déchiré le cœur de Dieu : la désobéissance d’Adam et Eve et la croix.

Les religions qui nous disent que Dieu cherche l’homme pour le punir donnent une idée fausse de Dieu.

Notre façon de voir Dieu a des conséquences pratiques dans notre vie chrétienne. C’est pour cela que Paul dit aux corinthiens de fuir l’idolâtrie et Jean dit de fuir les idoles.
Les chrétiens légalistes sont idolâtres, les pharisiens étaient idolâtres.

Exode 20,2

Aujourd’hui, on redécouvre l’intérêt des préceptes et des commandements. Dieu délivre et dénoue les liens. Le Dieu des 10 paroles se présente comme celui qui dénoue les liens, fait sortir l’esclave du lieu où il finit par devenir complice des forces qui l’asservissent et le privent de lui-même. L’homme qui ne connaît pas Dieu a tellement peur de la liberté qu’il préfère vivre dans un cercueil. Dieu veut affranchir son peuple. Pour beaucoup, devenir chrétien, c’est sortir d’une programmation pour entrer dans une nouvelle programmation.

Etre chrétien, c’est être libre. Le premier précepte de la loi est de ne pas avoir d’autres dieux.

On ne voit jamais Jésus douter de l’amour du père. L’unité que Jésus nous propose en Jean 17,22 est une unité intérieure.

Exode 14,11-12 Les esclaves regrettent leur maître. Le piège est de préférer un cercueil qui a l’apparence de la vie à la vie elle-même. Les idoles rendent aveugles. Le Dieu décrit par Satan ne veut pas l’épanouissement de ses créatures. L’idolâtrie commence quand nous acceptons une image faussée, tordue de Dieu. Croire le serpent sur parole, c’est ne pas croire le Dieu qui tient parole. Quand je doute, je suis idolâtre car je place mon doute au–dessus de la parole de Dieu. Le mensonge diabolique est à la fois un mensonge sur l’homme et un mensonge sur Dieu. Satan est un faux témoin : il donnera toujours un faux témoignage de Dieu. Quand je refuse de pardonner, je suis idolâtre car je dis que ma souffrance est plus grande que ce que dit la Parole de Dieu. A partir de la chute, l’homme se pose beaucoup de questions. Dans l’adoration, nous économisons beaucoup de temps, du temps passé à se ronger les ongles, à critiquer, à s’inquiéter.

J’ai travaillé dans la restauration. Nous mangeons du foie gras grâce aux juifs et aux égyptiens. Les égyptiens gavaient les oies avec des figues mais ce sont les juifs qui ont emporté la recette et l’ont répandu dans la diaspora.
Le précepte du sabbat introduit le repos, la douceur dans l’image même de Dieu. L’idolâtrie qui défigure Dieu au début déshumanise l’homme à la fin. Cette double contrefaçon implique la perversion des Ecritures. Le commandement lié au Sabbat empêche la projection sur Dieu d’une surpuissance en expansion infinie. Ce Dieu là est celui de l’Islam. Le serpent utilise la convoitise pour pervertir l’homme. Dieu a créé le désir dans le cœur de l’homme mais l’idolâtrie fait de Dieu un dieu si puissant et si lointain qu’il ne peut ni les comprendre, ni les aider. Le Dieu de l’islam n’a pas d’ami. Islam signifie soumission. Les symboles sur les idoles de Carthage, notamment Tanit, sont les mêmes symboles que ceux de l’Islam. L’Islam n’est pas un monothéisme judéo-chrétien, son origine est dans les cultes païens à Baal, Moloch et Astarté.

Session 2
La tentation luciférienne

Adam et Eve sont devenus des dieux à leurs propres yeux dans le sens où ils sont laissés à eux-mêmes pour trouver des réponses à des questions qui ne se posaient pas lorsqu’ils étaient en communion avec dieu.

La nudité dans la tradition juive correspond à une fragilité, à une absence de défense face à un danger. La nudité de l’homme face à Dieu correspond à cette fragilité. L’homme va essayer de fuir plutôt que de s’habiller. L’homme va chercher à paraître vis-à-vis des autres et se sécuriser dans le regard des autres. Cette recherche est la preuve que l’homme va mal, qu’il est dans l’angoisse. Etre nu, c’est voir ses apparences s’écrouler. Il fuit car il est humilié par cette nudité spirituelle. Leur nudité vient aussi d’avoir perdu leur identité. Face à cette nudité, l’homme va se cacher : il se cache car il ne veut pas se montrer tel qu’il est et parce qu’il a peur des autres.

Qu’est qui a déclenché chez Dieu le fait de les chasser du jardin d’Eden ? Le venin du serpent a eu comme effet de tordre l’image de Dieu dans le cœur de l’homme et de la femme, de tordre les paroles de Dieu, de semer le rejet, le doute,… et le point de non retour est quand l’homme n’est pas capable de reconnaître sa faute. L’accusation fait de l’homme le collaborateur de Satan. Satan est l’accusateur des frères. Le mot « diabolos « correspond à l’accusation qui détruit. A la croix, tous les hommes sont coupables. La conviction de péché est la grâce que Dieu nous fait de prendre conscience de notre propre péché. Lorsqu’ils s’accusent l’un l’autre, ils sont hors d’état de rester en communion avec Dieu.

L’accusation est grave car elle rejoint pleinement l’identité satanique.

L’accusation ferme toute possibilité de réconciliation et elle conduit immédiatement à la nécessité du calvaire. Face à l’accusation, il y a trois réponses possibles : soit je nie la faute, soit je ferai mieux la prochaine fois soit ce n’est pas moi c’est lui.

La racine du légalisme est dans la phrase de Satan « vous serez comme des dieux ». Notre sécurité est en Dieu. Dieu ne cherche pas à être amour, il est amour. La tentation de l’homme est de paraître par ses œuvres alors que Dieu veut que nos actions soient le fruit de notre être. Combien de fois nous n’essayons pas de gagner le salut, mais de gagner tout le reste. Le remède au rejet est d’être accepté, d’être aimé tels que nous sommes. C’est dans cette sécurité que nous pouvons aller de l’avant dans l’œuvre de Jésus-Christ.

Nous allons parler maintenant des trois composantes du fruit de l’arbre. Les trois composantes sont jouissance, possession et puissance. Elles président à tous les actes dans la vie humaine. Tout ce que la société nous propose n’est qu’une pâle copie de la possession du royaume de Dieu.

La chute a des conséquences sur la nature qui ne reconnaît plus l’autorité de Dieu dans l’homme. Les vrais écologistes devraient être les chrétiens. La femme se rebelle contre l’homme. Ce n’est pas ce que Dieu voulait. La domination vient de la chute, de l’insécurité. La malédiction s’étend même aux plantes. Adam n’a pas aidé Eve, n’a pas été son protecteur. Le mot « aide » en hébreu s’écrit Eser. Il n’y a pas d’idée de subordination dans ce mot.

Romains 16,20 : le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds.

La seule position juste sous Satan sera sous nos pieds. Le mot écraser est « suntribo » et correspond à broyer, comme on broie les grains de raisins. Seul, nous ne pouvons assujettir Satan, mais avec Dieu comme partenaire, nous sommes en mesure de l’écraser.

Quand une église marche d’un même pas sous l’autorité de Jésus, elle écrase Satan sous ses pieds.

1 Corinthiens 10,7 & 14

L’idolâtrie est toujours un fardeau, jamais une liberté. Les idoles peuvent être brisées ou remplacées. Le mot idole ou idolâtrie revient 33 fois dans le Nouveau Testament et 21 fois dans les épîtres. C’est la preuve que cela concerne les chrétiens. Le mot idole vient du grec « eidolon » qui a donné idole, idéologie, idéal. En hébreu, le mot idole peut se traduire par néant, ou tronc, ou bouse, fumier. Il y a aussi la notion de ressemblance, de fatigue, de tromperie. L’idole peut prendre la place de Dieu ou être mise à côté de Dieu.

Le culte de l’empereur a été initié au temps d’Auguste pour redorer le blason de Rome. La statue de l’empereur équivalait à la présence même de l’empereur. Chacun devait saluer la statue en disant « César est seigneur ». Les chrétiens disaient « Jésus est seigneur ». Dans le paganisme, l’image est un intermédiaire. Les personnes qui saluaient la statue savaient que l’empereur n’était pas là lui-même. Quand nous regardons la photo d’une pipe, nous disons que c’est une pipe. Mais c’est en fait la représentation d’une pipe.

Satan nous propose des copies plus ou moins bien faites qui ne sont que des représentations de la réalité.

Apocalypse 13,14

Les derniers temps seront marqués par l’idolâtrie. Quand les chrétiens de Corinthe disaient qu’ils étaient de Pierre ou de Paul, c’est vrai que Pierre avait connu Jésus dans la chair alors que Paul ne l’avait connu que par une révélation. L’homme déchu a du mal à contrôler son imagination.

Esaie 40,12

Il est ridicule de chercher quelque chose qui ressemble à Dieu sur la terre.

Référence bibliographique : La croix et le croissant, Antoine Moussali, Editions de Paris

L’icône est très présente dans la religion orthodoxe. Selon celle-ci, l’icône du Christ participe à sa personne et donc peut être vénérée.

1 Corinthiens 10, 19-21

Derrière l’idole, il y a des démons et Paul dit qu’il ne veut pas que nous soyons en communion avec des démons.
Deutéronome 32,17

Les images, les divinités sont liées directement à des démons. Paul refuse aux idoles toute existence réelle mais les démons rendent vivants les faux dieux et les idoles. Le mot idole indique qu’il s’agit d’une copie distincte de la réalité. Dans la traduction de la Septante, les savants juifs ont à chaque fois traduit le mot dieu par le mot image pour ne pas laisser sous-entendre que ces idoles puissent être des dieux.
Le catéchisme de Heidelberg dit que l’idolâtrie est d’avoir à côté du seul vrai dieu quelque autre chose en qui on met sa confiance. C’est aussi ce qui nous asservit, nous maîtrise ou nous domine.
Jean Calvin a décrit le cœur humain comme une fabrique d’idoles qui n’est jamais au chômage.

Notre civilisation est aujourd’hui celle de l’image. L’homme a besoin d’adorer. Il a en lui une pensée d’éternité et il cherche. Dans l’idolâtrie, il y a deux sentiments contradictoires : il y a l’attachement et la peur. Un symptôme d’idolâtrie dans nos vies est le fait d’avoir des sujets tabous. L’homme est attiré par ce qui lui fait peur. C’est pour cela que les divinités sont parfois effrayantes. On va donc chercher à s’attirer les bonnes grâces de l’idole.

Notre monde idolâtre le sexe et l’argent. Les uns vont exprimer cette idolâtrie par une sexualité débridée, les autres vont s’en priver au nom de la sainteté.

On peut être idolâtre sans idole : ainsi, la tour de Babel était une idole à Bel.

Une image qui produit des turbulences émotionnelles importantes, des images souvenirs, ce sont des blessures que l’on entretient. Notre subconscient garde la trace de tout. Ainsi, il y a des chrétiens âgés qui rayonnent de paix et d’autres qui vieillissent en ressassant les souffrances du passé. C’est pour cela qu’il est dangereux de regarder n’importe quoi. Des phrases peuvent devenir des tyrans dans notre vie. Ce sont des messages, des idées qui nous ont été données et qui peuvent nous martyriser toute notre vie.

Reconnaître l’onction et l’autorité derrière un homme de Dieu n’est pas de l’idolâtrie. Les gens cherchent parfois derrière les pasteurs et les anciens des directeurs de conscience mais c’est le rôle exclusif de Dieu.

L’idolâtrie peut prendre de multiple formes: idolâtrie du travail, …

Je me suis aperçu en travaillant sur ce sujet que l’idole image est une contrefaçon de la trinité. Soit l’idole cherche à se substituer à la trinité, soit elle se met à côté de Dieu pour l’aider, soit elle se place entre dieu et moi comme un faux témoin. Quand l’idole se substitue au père, elle enlève la sécurité et fausse les repères. Quand elle se substitue au Fils, elle prend un rôle de médiateur et touche à l’œuvre du salut. Quand elle se substitue au Saint-Esprit, c’est une gloire détournée.

En conclusion de cette deuxième partie, interrogeons-nous sur les images qui peuvent polluer mon esprit et constituer des obstacles à ma paix, à ma sécurité ?

Session 3
– la tyrannie du mal

L’homme peut préférer l’idée à l’image. Les idées peuvent être une idole, sous la forme d’une idéologie. Notre imagination est un don de dieu, y compris des images bibliques mais le problème est quand on donne à l’image une valeur d’intermédiaire.

La tradition peut être une forme d’idolâtrie, de même que la dénomination. Jésus n’a pas blâmé les païens pour leur idolâtrie mais il a blâmé les chefs religieux juifs.

Nous allons parler du veau d’or.

Où Aaron a-t-il pris l’idée de faire un veau d’or ? On a découvert en Canaan, vers Dotan, un site où à côté d’un arbre secret, il y avait l’effigie d’un jeune taureau dont le culte viendrait des Indes. C’est l’influence de Canaan déjà. C’est l’image d’un jeune taureau piaffant, en rut. Le veau était la monture du Dieu et Ashéra ou Astarté était là pour tenir le veau. Le veau n’est donc pas la divinité en elle-même mais plutôt le révélateur du Dieu.

Exode 32,4

En faisant un veau d’or, Aaron n’avait pas fait la statue d’un dieu. Celui qui les avait fait sortir d’Egypte était Moïse, et le peuple ne connaissait pas Dieu. Il ne veut pas détourner Israël de Dieu, mais il s’agit par la création d’un symbole de donner prise à la foi sur le dieu inaccessible et d’éviter l’apostasie d’un peuple désorienté qui ne sait plus à quel saint se vouer. Le veau n’est pas Dieu mais il est le signal que Dieu est là. Quand on voit la colère de Dieu qui est prêt à faire mourir le peuple, on voit que c’est une forme très grave d’idolâtrie.

En 1 Rois 12,28, c’est cela ce qu’a fait Jeroboam. Dans le domaine technique, l’homme par ses créations est exalté au-delà de son angoisse. Il compense son angoisse en ayant recours à la magie, au new age ou élevé au rang d’idéal. Il essaye de reconstruire la tour de Babel par l’unité entre les peuples. Alors Dieu est jaloux de l’intérêt de son peuple.

Exode 32,5

Alors, il doit faire jaillir une image qui ne lui fait pas d’ombre. Il foudroie les passerelles inventées par l’homme. Jésus a dit : celui qui m’a vu a vu le Père. L’interdiction par Dieu des idoles est un chemin de liberté.

Notre rôle en tant que chrétien est de révéler la vérité qui est en Jésus-Christ.

Nous allons parler de l’origine des divinités féminines. En Mésopotamie, il y avait une divinité qui s’appelait Ishtar, déesse de la fécondité, Anat, Ashéra, mère des mères. Ashéra était appelée reine, mère du ciel (Jérémie 44,17, 1 Rois 15,13, 1 Rois 16,33, 2 Rois 21,7). Ishtar est devenue en grec Astarté et jouait un rôle de médiatrice entre Baal et les adorateurs. Son nom est aussi Artemis, Demeter, Aphrodite, Tanit à Carthage.

Les vierges noires vénérées de nos jours sont l’héritage d’un culte avant l’évangélisation de la Gaule. Les gaulois vénéraient Virgo Paritura, la vierge qui doit enfanter. Chez les celtes, il y avait le culte de Gaïa.

Le christianisme ne doit pas oublier l’adoration en esprit et en vérité. L’homme et la femme ont été créés à l’image de Dieu. L’amour de Dieu est à la fois un amour de père et un amour de mère. On n’a pas besoin d’une divinité féminine plus proche. Le Dieu suprême des cananéens avait quatre caractéristiques :

- on accentuait son grand âge

- son caractère moral et métaphysique

- sa demeure était éloignée aux confins du ciel

- on le représentait sur son trône assis avec sa barbe

Cette image est celle qui est aussi véhiculée par le tableau sur la création de Michel-Ange et ressemble à l’image qu’a le grand public de Dieu.
Le nom Allah vient du nom Al-ilah qui est une divinité pré-islamique. Il y avait des centaines de divinités dans ce culte pré-islamique avec déjà un jeûne rituel précurseur du ramadan.

Regardons les dégâts que l’idolâtrie peut faire dans nos vies.

Ezéchiel 37,23 dit que l’idolâtrie est une souillure.
Jérémie 50,38 dit que l’idolâtre est fou. Jérémie 3,24 dit que l’idole détruit. Il y a 5 caractéristiques du lien idolâtre :

- un amour dénaturé. On craint l’idole et on l’aime. On va chercher à être accepté

- la crainte et la peur. L’homme est attiré par ce qui lui fait peur. On se soumet à des forces que l’on ne peut maîtriser.

- Née de l’imagination de l’homme, elle est incapable de nous donner ce que nous attendons d’elle. Donc, si on reçoit d’elle, cela vient des démons. Osée 13,2. C’est l’argile qui façonne le potier.

- Elle engendre automatiquement la déception parce que Dieu ne peut pas agir comme il le veut.

- Elle est un obstacle au vrai dieu. L’idolâtrie dégrade Dieu et dégrade l’homme. Osée 9,10 dit que l’homme est semblable à ce qu’il adore.

Sartre et les philosophes ont rejeté la religion mais pas l’Evangile. L’œuvre de Jésus est de reconstruire l’image de Dieu.

Qui peut être une idole ? Dans la notion du père, dans la toute-puissance, dans l’église,... Si on déifie l’église, ou le pasteur, on en fait des idoles. Satan n’est pas un dieu, ce n’est qu’une créature. L’inquiétude peut être une idole.

Comment casser une idole ? La première chose est d’être vrai, d’être honnête. Celui qui pratique la vérité vient à la lumière. Soyons vrais envers nous-mêmes.

La deuxième chose est de demander à Dieu de nous montrer l’idole telle qu’il la voit. Nous pouvons dans des moments de doute ou d’interrogation nous tourner vers Dieu et lui demander de nous montrer sa perspective sur les événements.

La troisième chose est de se repentir. La repentance est une rupture par rapport à des habitudes. Dieu veut nous donner la haine du péché pour que nous n’ayons plus envie de pécher.

La quatrième étape est de casser l’idole. Cela est possible en obéissant à Dieu. Souvent il y a besoin de délivrance. En acceptant la seigneurie de Jésus-Christ, il faut se laisser remplir du Saint-Esprit et une rupture complète avec l’habitude de considérer l’idole.

La vigilance doit rester de mise.

2 Corinthiens 3, 7-18

Moïse sort de la montagne le visage glorieux. Pourquoi se met-il un voile sur son visage ? Pour que les enfants d’Israël ne voient pas quand cette gloire allait disparaître. Il a été exposé à Dieu dans un face-à-face. Avec le Seigneur, nous n’avons pas à mettre un voile parce que la gloire de Jésus dans nos vies va aller en grandissant. Nous pouvons être exposés à la gloire de Dieu. Et à mesure que nous contemplons Dieu, nous le reflétons. L’homme a été créé pour vivre en permanence en communion avec Dieu. Dans sa constitution physique, spirituel, psychologique, l’homme n’est vraiment lui-même qu’exposé à la gloire de Dieu. Si j’adore en esprit et en vérité, je suis comme une pellicule exposée à la présence de Dieu.

Nous sommes transformés, métamorphosés dans notre être intérieur et cette expérience est un don. Nous recevons cette transformation, elle ne vient pas de nous-mêmes.

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