La rébellion, la soumission et l’autorité


par Vincent Breton

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Lecture principale : Marc 10, 37-44

Ce passage soulève la question des relations d’autorité dans l’église comparées à ce qu’elles peuvent être dans le monde.

Introduction

Tout l’univers est basé sur l’autorité. Notre culture française rejette la notion d’autorité. Exemple : j’avais honte de payer mon ticket de bus étant adolescent. C’est glorieux d’entuber les gens, de faire des coups, des astuces. La France se glorifie de la Révolution française qui n’est qu’une rébellion généralisée contre les autorités instituées. On dit qu’en France, il y a beaucoup de chefs et peu d’indiens.

Je travaille dans des collaborations internationales où je suis amené à côtoyer en permanence des américains et des allemands. Nous avons travaillé ensemble sur un projet d’accélérateur européen, une grande machine qui coûterait plusieurs milliards de francs. Donc, nous les Français avons été les premiers à proposer les idées, très créatives d’ailleurs. Mais les Allemands n’étaient pas très intéressés, ils étaient occupés à travailler sur des machines existantes. Et le problème en Allemagne, c’est que, si le directeur dit non, eh bien c’est non, personne ne travaille avec vous. Pendant ce temps, en France, les chercheurs s’entre-dévoraient pour être le chef. Comme cette histoire a duré 10 ans, il y a eu plusieurs chefs français. Et chaque fois qu’un chef en remplaçait un autre, le chef précédent entreprenait de cracher sur le travail du chef suivant qui lui-même ne s’était pas privé de dire du mal du chef précédent… Pas besoin de vous dire que le projet est dans les limbes…

En France, l’autorité est là pour être critiquée, il y a autant de sélectionneurs de l’équipe de France de football que de spectateurs. C’est notre culture, et ce n’est pas la volonté de Dieu. L’esprit de rébellion du monde qui nous entoure et dans lequel nous avons grandi nous a tellement imprégnés que nous l’apportons dans l’église. N’avez-vous pas parfois l’impression que si VOUS étiez pasteur ou femme du pasteur, cela irait beaucoup mieux ?

Mon regard sur l’autorité spirituelle a été transformé par une expérience très douloureuse. C’était en 1990, quelques mois avant de venir à Clermont-Ferrand. Nous étions Marie-Jo et moi jeunes mariés, je travaillais dans un laboratoire au sud de Paris, Marie-Jo dans une entreprise au nord de Paris. Nous allions dans une église qui avait été fondée quelques années auparavant par un jeune pasteur missionnaire américain. Nous avions participé à la fondation de l’église en 1986, nous étions tous jeunes, jeunes chrétiens plein de feu pour le seigneur. Dans l’église, il y avait une sœur plus ancienne dans la foi que nous tous. Elle était avocate en droit international, c’était une fille remarquable qui donnait des prophéties puissantes, elle était un peu bizarre parfois, un peu exaltée, mais elle parlait avec autorité. L’église grandissait petit à petit, nous étions très fervents. L’église faisait partie d’un mouvement d’église dissous aujourd’hui. Ce mouvement d’église a commencé de connaître des problèmes à cette époque. Un jour, un jeune chrétien a donné une prophétie dans Jérémie 8 et 9, qui remettait directement en cause les pasteurs, et s’est ouvertement rebellé. Ecoutant les reproches de ce jeune chrétien, notre ami, contre les pasteurs, conscients des problèmes au sein de l’église, nous nous sommes réfugiés auprès de la seule personne qui nous paraissait solide, fiable : cette sœur tellement solide, tellement plus expérimentée que nous.

Elle aussi était critique des pasteurs, mais ses critiques étaient beaucoup moins agressives. Elle s’était toujours tenue en spectateur dans l’église, elle n’était pas impliquée dans la louange, les réunions de prières, le militantisme. Elle restait au fond de l’église, prophétisait parfois, amenait des magnifiques bouquets de fleurs. Nous savions qu’elle interagissait beaucoup avec quelques personnes de l’église qu’elle suivait et conseillait. Nous avons donc trouvé refuge auprès d’elle, et nous avons commencé de la voir régulièrement pour qu’elle nous fasse des études bibliques, nous n’avions plus confiance dans les pasteurs. Nous nous étions vus peut-être 2 fois pour de telles études lorsque nous avons appris qu’elle était à l’hôpital, pour avoir avalé du Destop. Deux jours après, elle décédait à l’hôpital. Nous sommes allés la voir à l’amphithéâtre, nous avons prié pour sa résurrection, nous avons eu la paix qu’elle était avec le Seigneur malgré son geste, mais cet événement m’a bouleversé. C’était elle que je croyais la plus spirituelle, et le geste qu’elle avait commis était incompréhensible. Je me souviens avoir retrouvé un des pasteurs à l’hôpital. J’avais douté de lui, j’avais considéré cette sœur au-dessus de lui, pourtant lui était là, bien là, il ne l’a pas jugé, il n’en a dit aucun mal, il a pleuré et je me suis senti totalement honteux vis-à-vis de lui.

Cette expérience m’a convaincu que Dieu savait ce qu’il faisait quand il mettait une autorité en place ou quand il ne confiait pas de responsabilité à quelqu’un. Pas besoin de vous dire que les personnes qui orbitaient autour de cette sœur ont été totalement déstabilisées.

Quand je suis arrivé à l’église de la Pradelle, je me souviens avoir dit à un des anciens que je ne voulais pas prendre de responsabilités et m’engager car j’avais été blessé.

L’autorité selon la Bible

Toute la création de Dieu est soumise à une hiérarchie d’autorités :

Psaume 9,8-9 : L’Éternel siège pour toujours, Il a établi son trône pour le jugement ; c’est lui qui gouverne le monde avec justice, qui juge les peuples avec droiture.

1 Pierre 3,22 : … de Jésus-Christ qui, monté au ciel, est à la droite de Dieu et à qui les anges, les pouvoirs et les puissances ont été soumis.

Matthieu 6,13 : car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire. Amen.

Genèse 1,28 : …Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la.

Le mal est entré dans la création par une rébellion, celle de Satan, contre l’autorité de Dieu. La rébellion contre l’autorité est un principe satanique. L’obéissance peut être obtenue d’un cœur rebelle.

Esaïe 14,13-14 : tu disais en ton cœur : je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu, je siégerai sur la montagne de la Rencontre (des dieux) au plus profond du Nord. Je monterai sur le sommet des nuées, je serai semblable au Très-Haut.

Ézéchiel 28, 17 : ton cœur est devenu arrogant à cause de ta beauté, tu as corrompu ta sagesse par ta splendeur.

La chute de l’homme a pour origine l’insoumission de Ève et la désobéissance d’Adam.

En tant que chrétiens, nous sommes en conflit avec Satan car nous avons choisi de nous soumettre à Dieu, alors que Satan est en rébellion contre Dieu.

A notre conversion, nous recevons une nouvelle nature. Cette nouvelle nature se soumet à la volonté de Dieu, tandis que notre moi revendique toujours le droit de faire sa propre volonté et son indépendance.

Romains 12,1-2 : Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, agréable et parfait.

Nous avons donc un conflit à l’intérieur entre notre ancienne et notre nouvelle nature, et un conflit à l’extérieur contre Satan et ses troupes. Nous sommes dans le camp du vainqueur.

Dans notre vie chrétienne, nous sommes amenés à agir et à réagir tous les jours dans la famille, dans l’église et dans le monde. Dans notre vie de tous les jours, nous devons exercer des responsabilités en respectant les autorités que Dieu a placées autour de nous pour nous aider et nous protéger.

La réponse normale à une autorité est la soumission. La soumission est une attitude de cœur, qui débouche sur l’obéissance si un ordre est donné. La soumission est absolue, l’obéissance est relative. Toutes les autorités ne sont pas établies pour donner des ordres.

Les esprits nous sont soumis.

Luc 10,20 : " Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms soient écrits dans les cieux. "

Les autorités auxquelles se soumettre

Dieu, Jésus
Hébreux 5,8-9 : "bien qu’il fut Fils, il a appris l’obéissance par les choses qu’Il a souffertes, et, après avoir été élevé à la perfection, Il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel. "

Actes 5,32 : " Nous sommes témoins de ces choses, de même que le Saint-Esprit, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent"

2 Thessaloniciens 1,8 : "Il punit ceux qui ne connaissent pas Dieu, et ceux qui n’obéissent pas à l’Evangile de notre Seigneur Jésus "

1 Pierre 1,22 : "Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité, pour avoir un amour fraternel sincère, aimez-vous ardemment les uns les autres, de tout votre cœur."

Upakoe : obéissance, soumission

Les pasteurs et les anciens
Hébreux 13,17 : Obéissez à vos conducteurs et soyez-leur soumis. Car ils veillent au bien de vos âmes, dont ils devront rendre compte. Faites en sorte qu’ils puissent le faire avec joie et non en gémissant, ce qui ne serait pas à votre avantage.

Peithein : persuader, convaincre, se laisser persuader, se laisser convaincre

Notre chef au travail, les magistrats, les forces de police
Romains 13,1 : que toute personne soit soumise aux autorités supérieures, car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu.

Tite 3,1 : rappelle–leur d’être soumis aux gouvernements et aux autorités, d’obéir, d’être prêts à toute œuvre bonne.

Peitarkein : obéir aux magistrats ou aux lois, d’où en général obéir.

1 Pierre 2, 13-14 : Soyez soumis, à cause du seigneur, à toute autorité établie par les hommes, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés par Lui pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien.

Nos parents, tant que nous sommes célibataires. Une fois mariés, nous devons les honorer.
Éphésiens 6,1-3 : " Enfants, obéissez à vos parents, selon le Seigneur , car cela est juste. Honore ton père et ta mère ( c’est le premier commandement avec une promesse) afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre."

Upakouein : écouter en baissant la tête, prêter l’oreille, d’où obéir

L’époux pour son épouse
Éphésiens 5, 22-24 : "Femmes, soyez soumises à vos maris comme au seigneur : car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’église, qui est Son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l’église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent être soumises à leurs maris en toute chose. "

Les anciens pour les jeunes
Tous les frères et sœurs

Éphésiens 5,21 : " Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Christ. "

L’exercice de l’autorité
Marc 10,37-44 : " Donne-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche dans ta gloire. Jésus leur dit : vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, ou être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? Ils lui dirent : nous le pouvons. Et Jésus leur répondit : il est vrai que vous boirez la coupe que je vais boire et que vous serez baptisés du baptême dont je vais être baptisé. Mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de le donner, sinon à ceux pour qui cela a été préparé. Les dix, qui avaient entendu, commencèrent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela et leur dit : vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles. Il n’en est pas de même parmi vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous sera votre serviteur : et quiconque veut être le premier parmi vous sera l’esclave de tous. Car le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. "

Ce que Jésus décrit n’est pas l’organisation pyramidale classique de l’autorité dans le monde. Dans le monde, le plus haut placé hiérarchiquement donne les ordres à ses inférieurs hiérarchiques qui les répercutent en dessous jusqu’à l’échelon le plus bas. Dans une telle structure, la promotion vient de la compétition, l’aptitude à être promue est estimée en termes quantitatifs (rendement, efficacité, performances…). L’autorité vient de la position dans la hiérarchie.

Dans l’église, en principe, rien de tout cela. Pas de pyramide, tout le monde à égalité. Dans le Royaume, nous sommes tous frères, nous sommes tous soumis les uns aux autres. Certaines églises pourtant copient le modèle du monde en hiérarchisant les responsabilités : j’ai ainsi occupé les fonctions de responsable des toilettes, puis j’ai été promu responsable de l’équipement quand celui qui occupait ce poste a pris des responsabilités plus spirituelles. J’ai acquitté ces tâches de mon mieux.

Au verset 39, Jésus dit que les positions de responsables ne sont pas données par l’organisation. La position est préparée pour la personne. Au verset 43, Jésus dit que le système du monde ne s’applique pas dans le Royaume. Puis que la grandeur ou l’autorité vient par le service, pas par nomination. Le critère est la volonté d’être le dernier, l’esclave de tous. Christ est notre exemple car il a abandonné tous ses droits. Il a abandonné tout ce qu’il avait pour servir les autres.

Nous sommes donc tous égaux, frères et sœurs, mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de responsables. Mais les responsables ne sont pas ‘au-dessus’, ils sont plutôt ‘en dessous’, à servir. Les responsables sont qualifiés sur la base des dons spirituels et la foi. Il n’y a pas de compétition, puisque chacun a son propre ministère préparé d’avance par le Saint-Esprit et tous sont différents.

1 Corinthiens 12,4-5 : " Il y a diversité de dons, mais le même esprit ; diversité de services, mais le même Seigneur ; diversité d’opérations mais le même esprit qui opère tout en tous. "

Le paradoxe du Corps de Christ, c’est qu’il y a partout des autorités qui sont là pour servir et donner l’exemple sans jamais contraindre, que chaque membre du corps doit se soumettre volontairement aux autorités instituées. Les membres du corps reconnaissent ceux qui servent et de plein gré se soumettent à leur leadership. Aucune autorité n’est autoproclamée. Dieu met en position d’autorité. Dans le monde, le critère de grandeur est vraiment " quel est mon pouvoir ? Combien de personnes je dirige ? Combien d’argent je gagne ? ". Dans le royaume, le critère est plutôt " Dans quelle mesure suis-je capable de servir ? "

1 Pierre 5, 1-3 : " J’exhorte donc les anciens qui sont parmi vous, moi, ancien comme eux, témoin des souffrances du Christ et participant à la gloire qui doit être révélée :Faites paître le troupeau de Dieu qui est avec vous, non par contrainte, mais volontairement selon Dieu ; ni pour un gain sordide, mais de bon cœur ; non en tyrannisant ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau ;

Les anciens ont la responsabilité de faire paître le troupeau. Ils veillent sur nous.

Ces autorités voulues par Dieu dans l’église ne sont clairement pas sélectionnées pour leur charisme, mais plutôt pour leur humilité. Ne cherchons donc pas des meneurs d’hommes comme les juifs qui demandèrent un roi.

1 Sam. 8,5 : " …maintenant, établis sur nous pour nous juger un roi comme en ont toutes les nations.

1 Sam. 8,7 : L’Éternel dit à Samuel : Ecoute la voix du peuple dans tout ce qu’il te dira/ car ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent. "

Les conséquences de la rébellion

Il y a dans l’Ancien Testament plusieurs exemples de rébellion contre l’autorité instituée par Dieu. Ces exemples peuvent nous aider à reconnaître quand nous sommes animés d’un esprit de rébellion.

La désobéissance de l’homme a entraîné sa chute. Ève (Gen 3,1-6) a désobéi à Adam, puis Adam a été entraîné. Depuis la chute, les hommes croient qu’ils sont très capables de discerner le bien et le mal.
La chute de l’autorité instituée met l’obéissance à l’épreuve (Genèse 9,20-27). Cham, fils de Noé, a vu la nudité de son père un jour où celui-ci avait bu trop de vin. La conduite de Noé était blâmable, mais Cham n’a pas reconnu la dignité de l’autorité. Lorsque Cham a vu la mauvaise conduite de son père, Cham n’a pas éprouvé la moindre honte ou la moindre tristesse, et il n’a pas essayé de couvrir la faute de son père. Au lieu de cela, il est allé le dire à ses frères, montrant du doigt la laideur de son père. Au contraire, Sem et Japhet sont entrés à reculons dans la tente pour ne pas voir la nudité de Noé et l’ont recouvert d’un manteau. A son réveil, Noé a maudit Cham. Celui qui n’est pas soumis à l’autorité sera esclave de celui qui est soumis.
L’initiative du service appartient à Dieu (Lévitique 10,1-2). Nadab et Abihu, fils d’Aaron, ont offert un feu étranger à l’Éternel. Ils ont été consumés. Offrir du feu étranger, c’est servir sans obéir à une autorité. Il n’y a pas de place pour le service individuel isolé.
Celui qui parle contre l’autorité représentative encourt la colère de Dieu (Nombres 12,1-15). Aaron et Myriam étaient les aînés de Moïse. Ils n’étaient pas heureux parce que Moïse avait épousé une femme éthiopienne. Ils pouvaient réprimander leur frère, mais pas mettre en cause le rôle que Dieu lui avait confié. Moïse n’a rien répondu. Il savait très bien que s’il avait été établi par Dieu comme autorité, il n’avait pas besoin de répondre lui-même à ces attaques. Moïse était un homme très doux. L’autorité est un choix de Dieu, non une réalisation de l’homme. Lors qu’un homme s’attaque à une autorité donnée par Dieu lui-même, c’est à Dieu qu’il s’attaque. La rébellion de Myriam se manifesta extérieurement par la lèpre. Elle fut mise à part du camp pendant une semaine. La rébellion nous met à part, comme des pestiférés. Il y a des chrétiens aujourd’hui qui parlent contre les anciens et les autorités de l’église. Ces gens s’exposent à être traités comme des lépreux.
La rébellion de Koré, Dathan et Abiram en Nombres 16 et 17 est une rébellion collective. Il y a les lévites autour de Qoré revendiquaient le sacerdoce, et une partie des israélites se plaignaient que Moïse ne les avait pas amenés dans un pays découlant de lait et de miel. Tous les insatisfaits se sont rebellés ensemble. Qoré, Dathan et Abiram sont morts engloutis par le séjour des morts, puis 14700 hommes tombèrent. Celui qui est obéissant suit la foi, non la raison. Celui qui marche par la raison ne peut suivre le chemin spirituel. Celui qui obéit à l’autorité entre en Canaan par la foi. Une des caractéristiques de l’autorité, c’est la révélation. Les yeux des désobéissants sont assez vifs, mais ils ne voient malheureusement que la stérilité du désert. Bien que ceux qui marchent par la foi donnent l’impression d’être aveugles, car ils ne semblent pas voir la stérilité devant eux, leurs yeux de foi discernent la bonne promesse.
L’homme animé par un esprit de rébellion se reconnaît à ce que :

Il ajoute à ce que l’autorité dit (Ève en Genèse 3,3).

Il attend le moment où l’autorité va chanceler (Cham). Il se réjouit de cette chute.

Il parle contre l’autorité et prononce des paroles séditieuses (Myriam, Qoré).

Je reconnais dans cette description mon attitude pendant plusieurs années dans mon travail. Je suis arrivé à Clermont-Ferrand avec une ambition professionnelle et ces derniers mois, j’ai dû la déposer au pied de la croix. Entre temps, j’ai eu beaucoup de mal à me soumettre à mon chef d’équipe.

Vous reconnaissez-vous dans votre relation aux autorités de l’église, à vos supérieurs hiérarchiques dans votre travail, à votre époux ?

L’autorité ne peut exiger la soumission. La soumission est une attitude de cœur que rien ne peut forcer. Elle ne peut venir que par l’exemple et la conviction de Dieu.

Maris, ne demandez pas à vos femmes d’être soumises si vous êtes rebelles à vos supérieurs dans votre travail et/ou dans l’église. Mettez de l’ordre dans vos vies d’abord. Je crois que Dieu soigne d’abord la tête et la guérison s’étend progressivement.

Retenons des exemples de l’Ancien Testament que toute critique du pasteur est une critique de Dieu et sera jugée très sévèrement.

Si le seigneur nous montre un besoin, ce n’est pas pour cancaner sur ce point, mais parce que probablement, il nous appelle à agir dans ce domaine. Le chrétien charnel qui voit un besoin le dénonce et critique par derrière. Le chrétien spirituel qui voit un besoin prie et voit si lui-même ne peut pas pourvoir. Exemple : vous trouvez que vous n’êtes pas bien accueillis à l’église, venez aider Bernard à faire l’accueil. Vous trouvez que l’école du dimanche n’est pas à la hauteur, devenez moniteurs, vous trouvez que les dons de l’esprit manquent de puissance,…à vous de jouer. Chacun de nous est un membre du corps de Christ avec des dons différents. C’est normal que nous ayons notre propre sensibilité, notre propre regard sur l’église. Mais ce regard propre, cette différence ne doit pas servir à déstabiliser l’église, au contraire, cette perspective différente doit permettre de mettre en œuvre des dons différents.

Ce problème est particulièrement épineux dans les églises charismatiques avec la vie de l’esprit. Un chrétien baptisé du Saint-Esprit reçoit la vie du Saint-Esprit, des révélations. Si tant est qu’il soit un peu exalté, il est la victime désignée d’une maladie contagieuse : l’orgueil spirituel. La personne croit que ce qu’elle reçoit directement de Dieu est supérieur à ce que son pasteur, ses anciens reçoivent. Elle se croit superspirituelle parce qu’elle reçoit un flot de révélations. Les seuls problèmes de rébellion que j’ai rencontrés au GBU venaient de charismatiques exaltés.

Un exemple de soumission : David

1 Samuel 24,5-7, 1 Samuel 26, 9-11, 2 Samuel 1,14

Saül, oint de l’éternel, fut rejeté pour avoir sacrifié des holocaustes et pour avoir épargné du bétail alors que Dieu à travers Samuel lui avait ordonné de tout détruire. 1 Samuel 15,22 L’Éternel trouve t-il autant de plaisir dans les holocaustes et les sacrifices que dans l’obéissance à la voix de l’Éternel ?

David ne s’engagea pas dans la rébellion pour s’emparer du trône. En deux occasions, il aurait pu tuer Saül, il ne l’a pas fait pour ne pas porter la main sur l’oint de l’Éternel. David ne s’engagea pas dans la rébellion pour s’emparer du trône. David était un homme qui savait se renier. Il préférait retarder un tant soit peu son ascension que de devenir un rebelle. Pour ceux qui veulent servir Dieu, l’obéissance est une nécessité absolue. Le fait de se soumettre à l’autorité ne signifie pas se soumettre à une personne, mais à l’onction qui repose sur une personne. Il faut donc reconnaître lorsque Dieu nous a placés sous l’autorité d’une personne.

Seuls ceux qui sont soumis à l’autorité peuvent avoir accès à des fonctions d’autorité. Il est absolument nécessaire que nous soyons toujours soumis si nous voulons un jour exercer une autorité.

Hébreux 5,8-9 : "bien qu’il fut Fils, il a appris l’obéissance par les choses qu’Il a souffertes, et, après avoir été élevé à la perfection, Il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel. "

Conclusion

Dieu nous demande expressément dans sa parole d’être soumis aux autorités qu’il a placées autour de nous pour nous protéger. La soumission est une attitude de cœur : elle est absolue. Dieu est le seul qui doit recevoir une obéissance inconditionnelle. Les autorités déléguées ne doivent recevoir qu’une obéissance conditionnelle.

Seuls les gens soumis ont de l’autorité. Il est important que nos vies soient en règle dans ce domaine, car la rébellion est un principe satanique dans lequel Dieu ne peut nous utiliser. Si notre cœur est en rébellion contre les autorités de l’église, c’est une grave infection et il faut demander pardon à Dieu.

En toutes circonstances, recherchons nos autorités.

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