Epître de Jacques, chapitre 5
par Jean Keuchkerian

Etude biblique du 12 janvier 2000

Lecture principale : Jacques 5, 7-20

    La patience. Certains chrétiens attendaient très vite le retour du Seigneur. Mais cela demande de la patience par rapport à notre sort d’attendre le retour du Seigneur. Les personnes atteintes de graves maladies aimeraient parfois que le Seigneur vienne les chercher. Dans la souffrance, on a hâte du retour du Seigneur. L’apôtre nous exhorte à être patient. Comme le laboureur attend le précieux fruit de la terre, nous devons être patients.

    Au verset 8, il est écrit " l’avènement du seigneur est proche " mais d’autres ont traduit "  le royaume de Dieu s’est approché ". Jésus a dit "  le royaume de Dieu s’est approché de vous ".

    Dans cette patience, il faut être patient vis-à-vis des frères. Patient dans notre croissance dans les fruits de l’esprit. Un fruit pousse tranquillement : paix, joie, amour, persévérance,…

    Vis-à-vis des frères, il est dit de ne pas se plaindre des frères. Si on perd patience par rapport aux frères, le chapitre 3 nous rappelle le rôle de la langue.

    Un exemple est donné aux versets 10 et 11 : les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. Job est devenu pauvre à cause d’un défi de Satan et la fin que Dieu lui accorde, c’est de tout lui rendre au centuple. Le vrai but de Dieu n’était pas de restaurer Job, mais de montrer aux puissances mauvaises qu’on peut aimer Dieu même s’Il ne donne rien.

    Quand on souffre, c’est qu’on est déstabilisé, mais peut-on dire à Dieu " je t’aime quand même ".

    La patience des prophètes c’est de rester fidèle malgré le rejet, malgré le fait qu’ils n’étaient pas écoutés. Il y a aussi des hommes de Dieu qui ont reçu des promesses de Dieu qui ne sont pas accomplies. Exemple : Abraham qui n’a pas reçu la terre promise. Notre patience est de dire " Oui Dieu a dit… " même si les circonstances me montrent le contraire. Soyons comme des icebergs, ancrés en profondeur en Dieu. Même si nous ne voyons rien, nous restons ancrés. C’est une patience qui est au-delà d’un trait de caractère.

    Le verset 12 nous parle de vœux et de jugement. Dans les moments difficiles, dans la souffrance, on est tenté de jurer à Dieu, de Lui dire " Si tu changes cette circonstance, je te promets que… " Prenons garde à tenir notre promesse. Matthieu 5 ,33-37 nous montre qu’il vaut mieux ne pas faire de promesses et de vœux à Dieu.

    Nombres 30,3 et Lévitique 27,8-10 montrent l’importance des vœux dans l’Ancien Testament, mais ouvraient pour les pauvres une voie de retour en arrière.

    Proverbes 20,25 exhorte à ne pas revenir en arrière.

    Les versets 13 à 15 de Jacques 5 parlent de l’onction d’huile. Ce passage nous ramène à la souffrance. Que faire quand on souffre ? Prier ! Il n’y a pas toujours d’explication à la souffrance. Quand quelqu’un est gravement malade, il se demandera souvent " pourquoi moi ? ". Soyons vigilants de ne pas faire porter le fardeau de la culpabilité sur une personne. La maladie est liée au pêché mais globalement.

    Quand jésus guérit l’aveugle, les disciples lui demandent si c’est lui ou ses parents qui ont pêché, car la cécité pouvait découler de la syphilis. Mais Lui répond que cette maladie est pour la gloire de Dieu.

    Nous sommes exhortés à rechercher l’aide de Dieu dans la souffrance. Quand nous sommes en sécurité et rassurés, chantons des cantiques. Mais ne demandons pas à quelqu’un qui souffre de chanter des cantiques en lui disant que ça ira mieux après. Nous pouvons chanter des cantiques pour lui par derrière en sachant ce que Dieu va faire pour lui. Celui qui souffre est exhorté à rechercher le réconfort de Dieu dans la prière.

    Versets 14 et 15 : la prière de la foi sauvera le malade et le Seigneur le relèvera.

    Jésus a envoyé ses disciples pour faire l’onction d’huile au nom du Seigneur. Ils n’étaient pas des anciens de l’église, et donc ce n’est pas la même onction d’huile que celle décrite dans Jacques.

    Dans le grec, le mot malade est asthenia : le mot rejoint en fait tout ce qui concerne le comportement, c’est plus large que seulement le problème physique.

    Le mot traduit par " sauvera " est le même mot que Jésus sauve.

    Le mot traduit par relèvera vient du verbe egeiro.

    L’ancien testament a été écrit en hébreu mais traduit en grec par soixante dix savants : c’est la version septante. Le mot " asthénié " se retrouve plusieurs fois dans cette version Septante.

    2 Samuel 13,2 : Ammon a un amour incestueux pour Tamar et il était tourmenté –en grec asthénié – jusqu’à se rendre malade.

    Daniel 8, 27 , Psaume 88,10

    Donc, on peut faire l’onction d’huile en cas de maladie physique, mais aussi psychologique.

    Lorsque l’Evangile parle de la maladie grave, il y a régulièrement une périphrase expliquant la gravité : " près de la mort ", " et il mourut ", bien que le mot " asthénie " soit aussi employé. Actes 9,37 , Philippiens,….

    Le mot asthénie est employé 33 fois dans le nouveau testament.

    Au verset 15, le mot malade rejoint le mot patient. Il y a aussi l’idée de peiner, fatiguer, faiblir

    Hébreux 12,3 parle de lassitude.

    Les anciens sont appelés, cela veut dire que la personne ne peut pas se déplacer. Les anciens représentent l’autorité de l’église.

    Actes 4,10 : prier au nom du seigneur, ce n’est pas une formule, c’est l’autorité qui est derrière.

    Nos corps participent à la rédemption, au salut, et c’est le désir du Seigneur que nous soyons en bonne santé. Mais ne jugeons pas quelqu’un à sa santé. Le mot est le même pour la guérison de la personne et le salut spirituel.

    Actes 14,9 : le mot utilisé peut être traduit par sauvé ou guéri. Mais guérir par des soins n’est pas la même chose que la guérison spirituelle. Dans la cas d’Ezéchias guéri après la mise en place d’un emplâtre de figues, le mot utilisé est térapeo.

    Le mot egeiro se retrouve en Marc 1,31 : Jésus a relevé la belle-mère de Pierre. Matthieu 9,25 : la jeune fille se leva. On peut aussi traduire ce mot par ressusciter (Marc 16,6). C’est un terme très fort.

    Ephésiens 5,14 : lève-toi, dormeur. C’est un sommeil de mort dont il faut se relever.

    Romains 13,11 : c’est l’heure de vous réveiller (egeiro) du sommeil

    Le verset 16 évoque l’éventualité de pêchés à l’origine de la maladie. Le mot guéri est toujours egeiro.

    Donc une clé de la guérison du cœur et du corps est la confession des péchés, le pardon des péchés, la, prière des autres.

    Les versets 19 et 20 sont encourageants. L’amour couvre une multitude de pêchés.

 

retour liste