Jean Keuchkerian
15 Mars 2000
Le sermon sur la montagne regroupe 30 versets dans Luc, 107 dans Matthieu. Les 10 premiers versets sont les béatitudes, puis viennent les exhortations de Jésus. Ce que jésus nous dit, il l'a reçu par inspiration, le moment même, de la part du Saint-Esprit. L'inspiration est importante, ce n'est pas un texte que Jésus a écrit. Ce n'est pas un sermon, une leçon de morale.
Matthieu 5,1-2 : la montagne joue toujours un rôle très important
dans le nouveau testament. Il est dit que Jésus monta sur la montagne
voyant la foule et c'est d'abord aux disciples qu'il s'adresse. Sur la montagne
Jésus enseigne et dans la plaine, il interagit avec la foule. Le troisième
endroit est dans le bateau où il se repose. Nous devons recevoir ces
trois fonctions de la part du Seigneur : je reçois sur la montagne les
enseignements du Seigneur, je les communique et après, je vais me reposer.
Jésus s'adresse donc aux disciples : dans l'évangile de Matthieu,
on voit constamment Jésus enseigner, prêcher et guérir.
Matthieu 28,16-20 nous montre que le ministère de Jésus finit
sur la montagne.
Matthieu met constamment en relation le Nouveau et l'Ancien Testaments. Constamment
dans le sermon sur la montagne, Jésus dit " Vous avez appris que
, et moi je vous dis
". Lorsque l'on témoigne à quelqu'un
qui a reçu une éducation chrétienne, cela peut aider au
témoignage de se servir de ce que les personnes ont appris dans leur
enfance, les raccrocher à cela. Si l'on remet en question tout ce qu'ils
ont appris, cela est déstabilisant.
Matthieu 5, 3 -10 : les versets 3 et 10 sont au présent, les autres sont
au futur. Dans l'évangile, certaines promesses sont pour aujourd'hui,
d'autres sont pour le futur.
Le mot makarios, heureux en grec, signifie aussi béni. Il est donné
en grec classique pour qualifier les dieux qui avaient l'immortalité.
Nous avons cette immortalité du Seigneur en nous, et c'est un bonheur
en profondeur dans nos curs.
Psaume1,1 : heureux l'homme
Matthieu 11,6, Matthieu 13,16, Matthieu 24,46 : tous les bonheurs décrits
dans ces verstes sont liés à l'intimité avec le Seigneur.
Cela n'empêche pas les désagréments de la vie quotidienne.
La première béatitude " heureux les pauvres en esprit "
ne parle pas d'argent. Elle parle de simplicité de cur.
Psaume 40,18 : sur le plan humain, David était riche, mais il avait cette
conviction de manquer de quelque chose à l'intérieur de lui-même.
Etre indigent, ne pas avoir de réserves en soi, ce n'est pas mal car
nous avons toujours le Seigneur à côté de nous pour nous
aider.
Psaume 34,19
Le mot " pauvre en esprit " peut se traduire par " courbé
" venant de la racine ani en hébreu. Ce mot se retrouve dans le
mot aniwin , les " pauvres en Israël ". Ceux-ci étaient
des personnes humbles, comme les bergers à la naissance de Jésus
ou Anne, la maman de Samuel.
Matthieu 23,10-12 : ne nous laissons pas appeler " directeur ", c'est-à-dire
ne nous prenons pas au sérieux, restons humbles et simples. On peut être
pauvre en Israël tout en étant riche sur le plan financier. Ne jouons
pas au chef.
Ayons le caractère de Jésus décrit en Matthieu 11,29. L'humilité
est un trait de caractère très important, la douceur aussi. Rencontrer
Jésus, sa douceur et son humilité, fait du bien. La première
parole de béatitude est la base pour entrer dans le royaume. C'est difficile
d'être simple et c'est un travail du Saint-Esprit de nous rendre simples.
La deuxième béatitude " Heureux les affligés car ils
seront consolés ". En Marc 16,10, 1 Corinthiens 5,2, le mot affliction
est associé à la mort. L'affliction est lié à une
souffrance profonde. C'est le Saint-Esprit qui console. Luc 2,25 : Siméon
était un de ces pauvres en Israël attendant la consolation d'Israël.
Jean 14,16-18 : le Saint-Esprit a la même nature, le même amour
que Jésus. Quand on communie avec le Saint-Esprit, on communie avec quelqu'un
qui nous aime, comme Jésus qui aimait, pleurait, faisait des grandes
et des petites choses. Dieu s'occupe de tout dans nos vies : Il console, il
est mon avocat, il s'occupe de tout.
La troisième béatitude " heureux ceux qui sont doux car la
terre leur appartient ". Les doux, ou débonnaires, sont ceux qui
ont une bonté naturelle. Le doux, c'est l'absence de colère, la
patience la confiance. Le doux ne cherche pas à arracher à Dieu
ce qu'il désire. Il persévère dans la prière, mais
n'exige rien. Le Psaume 37,11 exhorte à ne pas envier le méchant,
le colérique. 1 Pi 3 ,4 : paix et douceur vont ensemble.
La quatrième béatitude : " heureux ceux qui ont faim et soif
de justice car ils seront rassasiés ". Les jugements de Dieu sont
parfaits et le disciple a envie que les choses soient justes. Et quand on voit
les jugements des hommes, on peut parfois être atterrés. Il est
important de savoir que Dieu jugera à la fin des temps. Ce jugement de
Dieu sera équitable alors que nous sommes parfois tentés d'en
rajouter. Matthieu 3,15 parle de ce qui est juste devant Dieu, Matthieu 5,20
de la justice spirituelle par rapport aux choses de Dieu, Matthieu 6,1 de la
justice liée à la pratique de la religion.
Matthieu 6,33 nous exhorte à chercher la justice, l'équilibre
de Dieu. Matthieu 14,20utilise me mot rassasié après la multiplication
des pains. Cette béatitude est au futur : souvent Dieu restaure, rend
justice, après un temps. Il est important de na pas faire justice soi-même
car on porte un jugement.
La cinquième béatitude " Heureux les miséricordieux
car ils obtiendront miséricorde ". Le mot miséricordieux
caractérise ceux qui ont des entrailles, un utérus pour les femmes.
Etre miséricordieux, c'est être touché aux entrailles. Luc
1,78 parle des entrailles de la miséricorde de Dieu. Dans 2 Cor 6,12,
Paul dit aux Corinthiens qu'ils ne sont pas à l'étroit en lui,
Colossiens 3,12 parle d'entrailles de miséricorde. Etre miséricordieux,
c'est secourir l'autre et le pardonner Matthieu 25,31-46. Secourir me malheureux,
le pardonner, étaient des vertus de base du judaïsme. Pratiquer
la miséricorde exige un don de soi. Il faut d'abord être pardonné
par Dieu, ce qui nous rend capable de pardonner, ce qui nous permet après
d'exercer la miséricorde.