Les demandes
Donne nous aujourd'hui notre pain de chaque jour. Les différentes versions
donnent le pain du jour, le pain quotidien, le nécessaire à notre
subsistance. Le mot grec employé n'est utilisé que trois fois
dans le nouveau testament. C'est un jeu de mots presque intraduisible : le sens
est le pain nécessaire à la vie, le pain du jour pour aller à
demain. Cette notion de pain à renouveler chaque jour fait penser à
la manne de l'Ancien Testament.
Exode 16,16-29 décrit comment les israélites mangeaient la manne
dans le désert. Il y a bien l'idée de part nécessaire.
Tous avaient assez. Cette idée de nécessaire se retrouve dans
la parabole du fils prodigue en Luc 15,12 quand celui-ci demande son héritage
à son père. Quand on fait la prière du Notre Père,
on pense souvent à la nourriture en demandant le pain quotidien, mais
en Jean 6,26-35, Jésus dit qu'Il est le pain de vie. Le pain céleste
n'est pas la manne. La nourriture quotidienne, Dieu sait que nous en avons besoin
et il dit de ne pas se faire du souci à ce sujet. Par contre, nous pouvons
aspirer à cette nourriture spirituelle quotidienne.
Matt6,12 Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui
nous ont offensé
Luc 11,4 Pardonne nous nos péchés car nous aussi nous pardonnons
Le pardon est une puissance qui libère. Accorder le pardon à quelqu'un,
c'est une mort à soi-même, c'est renoncer à un certain droit.
Jésus a donné sa vie pour que nous soyons pardonnés par
Dieu. Dans Luc, le mot comme est remplacé par le mot car. Cela montre
la responsabilité du chrétien de pardonner. Cela peut prendre
du temps, mais Jésus place la barre haut.
Matthieu 7,2 exhorte à ne pas juger. Si nous gardons une dent contre
quelqu'un dans notre vie, le Saint-Esprit écoute nos prières mais
nous ramène à ce non-pardon intérieur. Il y aune corrélation
entre le pardon que j'accorde et celui que Dieu me donne, mais personne ne nous
demande de mourir pour pardonner.
Dans le notre Père, Matthieu parle de torts, d'offenses, de dettes, Luc
de péché.
Matthieu 6, 14-15
Matthieu 18,23-35 illustre la conséquence du non-pardon. Le roi remet
une dette gigantesque, la dette de toute une vie, et c'est une dette minuscule
que le serviteur ne veut pas remettre.
En Israël, la remise de toutes les dettes avait lieu tous les 49 ans l'année
du jubilé. Tous les 7 ans, les esclaves étaient libérés
sauf si l'esclave souhaitait rester. Quand Dieu nous remet notre dette, nous
sommes libres de le servir ou de repartir.
Matthieu 6,13 : ne nous induis pas en tentation mais délivre-nous du
malin. Autres traductions : ne nous conduis pas, ne nous abandonne pas à
la tentation. Un principe de base : Dieu ne tente pas et ne peut tenter personne
(Jacques 1,13). Quand un verset semble sortir du contexte général
de la Bible, il faut s'interroger, car la Bible doit être expliquée
par la Bible. SI le verset du Notre père " ne nous induis pas en
tentation " paraît déstabilisant, il doit être équilibré
avec Jacques 1,13.
Il y a des exemples dans l'Ancien Testament où apparemment, Dieu a tenté
des hommes.
1 Samuel 26,19 semble indiquer que Dieu pouvait pousser Saül contre David.
En 2 Samuel 24,1 , Dieu semble prendre l'initiative de faire désobéir
David en lui donnant l'idée de recenser le peuple. Or, il existe une
autre version de cette histoire en 1 Chroniques 21,1 où il est dit que
c'est Satan qui a donné l'idée à David. La comparaison
des deux textes montre que Dieu a laissé David céder à
la tentation. D'autres exemples montrent que Dieu laisse Satan tenter Job, ou
pousse Abraham à sacrifier David. Mais, plus on s'approche du Nouveau
testament, plus ce genre de situation est rare. Dieu ne tente personne, Il nous
aime.
Tentation et épreuve ont la même racine en grec. Dieu va pousser
Jésus au désert pour être tenté par le Diable. Mais
Il ne l'a pas abandonné. D'où la qualité de la traduction
" ne nous abandonne pas à la tentation ". Si Dieu peut nous
soumettre à une situation critique, néanmoins elle ne nous emporte
pas. Dieu ne nous préserve pas de la situation, mais il nous garde dans
la tentation.
En Jean 17,15, Jésus ne demande pas à Dieu de sortir les chrétiens
du monde mais de les préserver du mal.
En Luc 22,31-32 , Jésus dit qu'Il prie pour nous. Nous sommes donc protégés
dans la tentation, pas de la tentation.
La dernière phrase " Car c'est à toi qu'appartiennent le
règne, la puissance et la gloire au siècle des siècles
" n'est pas dans toutes les traductions car ce n'est pas dans les plus
vieux manuscrits.