Epître de Jacques, chapitre 4
par Jean Keuchkerian
Etude biblique du 22 décembre1999
Lecture principale : Jacques 4, 1-17
Le chapitre 3 de Jacques nous a parlé de la sagesse du monde par opposition avec la sagesse de Dieu. Le chapitre 4 va nous présenter les fruits de la sagesse du monde et ceux de la sagesse selon Dieu.
Le premier mot est la convoitise : les versets 1 à 3 nous parlent de la convoitise par rapport à la demande, et les versets 4 à 6 de lamitié avec le monde et les versets 7 à 12 de lhumilité.
Parlons de la convoitise. Matthieu 4, 8-11
décrit la tentation de la convoitise de Jésus. La convoitise, cest vouloir avoir quelque chose tout de suite. Lorsquun objet nous tente dans une vitrine, nous sommes frustrés de ne pouvoir lacheter tout de suite. Quand Esaü est rentré des champs fatigué, il a échangé en quelques minutes le droit daînesse pour un plaisir momentané. Jacob a saisi le tempérament dEsaü et en a profité. Quand Satan tente Jésus, Satan propose tous les royaumes de la terre. Ces royaumes appartiennent à Jésus, mais il devait les recevoir à nouveau après la croix. Or la croix était une épreuve très dure pour Jésus.
Nous sommes dans une société du tout de suite. Les publicités promettent des résultats rapides, les crédits pour acheter tout de suite et payer après.
En Jacques 4, 3
, il est dit de ne pas demander pour ses passions personnelles. Dans la prière, nous pouvons faire part à Dieu de nos besoins, même de nos désirs. Dieu pourrait nous donner seulement le RMI spirituel et matériel. Mais Dieu nest pas comme cela. Voyez les patriarches de lAncien Testament. Dieu na rien contre la richesse : Barnabas avait un champ, Ananias et Saphira étaient libres de donner ou de ne pas donner leur champ. Dieu ne nous reproche pas davoir du superflu. Si je demande à Dieu pour satisfaire mes besoins et parfois mes désirs, Lui me donnera comme un père. Mais soyons vigilants de lusage que nous faisons de ce que Dieu nous donne.
Comme le dit Paul, nos biens tant spirituels que matériels sont aussi faits pour enrichir les autres. Nul ne peut donner ce quil na pas.
Comment demander bien ? Regardons Jacques 1,6
. Demander avec foi, cest croire que Dieu peut maccorder quelque chose sIl le désire. Demander sans être agité de tout côté, sans être tiraillé. Il ne faut pas voir Dieu comme un donateur, mais comme un Père qui maime.
Daprès Jacques 4, 4
, le fait de convoiter nous rend adultère. Cet adultère sapplique aux domaines spirituels aussi bien que matériel. Dieu est jaloux de lesprit quil a mis en nous. Cette jalousie est une marque de lattachement de Dieu envers nous. Dieu nous entoure et veille : il fera tout ce quil faut pour conserver lamour. Jean 14,26
nous parle du rôle du Saint-Esprit dans notre vie. Il est envoyé par Dieu pour nous rappeler tout ce que Jésus a enseigné. Le Saint-Esprit est là pour ramener notre cur à Jésus, et le Saint-Esprit est précieux pour Dieu aussi à ce titre. LEsprit du monde na pas de place dans cette relation. La jalousie de Dieu nest pas comme la jalousie des hommes, qui pousse à la haine.
Joël 2,18
: chez Dieu, il ny a pas de mauvais sentiment. La jalousie est une émotion qui le pousse à entourer son peuple, à veiller sur lui. Dieu exauce les prières de son peuple. Si nous insistons dans nos prières, Dieu pourra même nous laisser avoir des choses quil ne souhaitait pas nous donner. Après nous en aurons du regret. Ainsi, Il a donné un roi aux juifs parce quils le demandaient.
Ezéchiel 16,35-38
: quand nous aimons, nous ne sommes pas indifférents. Lindifférence vient quand nous nous détournons.
Jacques 4, 6-12
: il y a toute une série dimpératifs. Lapôtre Jacques parle à léglise de Jérusalem et à chacun de nous. Il faut rester humble : Dieu ne peut rien contre lorgueilleux, si ce nest briser lorgueil. Il est obligé de frapper fort quand les curs sélèvent. Il faut aimer les frères : ce nest pas une invention du Nouveau Testament, cest lun des dix commandements. Matthieu 10,28 nous montre que Dieu a toute autorité sur nos vies. Le mot juger en grec contient aussi lidée de trier. Seul Dieu peut faire ce tri parfait, et ce nest pas à nous de juger les autres. Lépée de lEsprit sépare ce qui est de lâme et ce qui est de lesprit.
1 Corinthiens 2, 15
paraît contradictoire. Mais lhomme spirituel reçoit un discernement pour voir ce qui est juste ou injuste. Il ne juge pas la personne dans laquelle il discerne des choses. Le chrétien juge de tout et ne se laisse juger par personne. Seul Dieu peut être notre juge, personne ne peut sarroger ce droit. Il ne faut pas utiliser la loi pour les autres, mais accomplir la loi comme Jésus nous la demandé.
Lévitique 19, 15-18
: il faut juger avec équité, ne pas avoir de rancune, aimer son prochain comme soi-même.
En cas de problème avec un autre chrétien, le Seigneur nous encourage à aller le plus loin possible dans la conciliation.
Jacques termine le chapitre 4 aux versets 13 à 17
en insistant sur la vanité des richesses, la nécessité de faire le bien. Les versets 1 à 6 du chapitre 5
dressent le tableau des rapports entre patrons et employés et donnent quelques règles.
Deutéronome 24, 14-15
insiste sur la nécessité de payer le jour même le pauvre pour son travail.
Lévitique 19,13
insiste aussi sur cette nécessité de partage. Michée 3,11
parle de la cupidité. Les hommes de lAncien Testament étaient des hommes rétribués, et le Nouveau Testament dit que tout ouvrier mérite salaire.
Ephésiens 6,5-9
parle aussi de la relation entre employeurs et employés. Les employés doivent obéissance, simplicité , empressement, les employeurs doivent absence de menace, justice et équité (colossiens 4,1
et 1 Pierre 2, 18-20
).
Au bout du compte, ce qui importe, cest le contentement comme lexplique le passage de 1 Timothée 6, 6-10
. Lamour de largent éloigne de Dieu. La Bible ne condamne pas le fait dêtre riche, mais condamne le riche qui ne partage pas et qui maltraite ses employés. Tous, riches ou pauvres, nous devons nous contenter de ce que nous avons, sans convoiter ce que les autres ont Chacun reçoit une mesure de foi, mais aussi une mesure de responsabilités à gérer. Abraham était très riche, mias ne convoitait pas largent : il na pas voulu des biens des rois de Sodome et Gomohre quil avait sauvés.