Epître de Jacques, chapitre 2
par Jean Keuchkerian

Etude biblique du 8 décembre1999

Lecture principale : Jacques 2, 1-26

Versets 1 à 13

    Nous avons vu dans Actes 15 que Jacques est le chef de l’église de Jérusalem. Lors d’une crise, c’est lui qui a tranché. Cette épître est écrite pour être lue, elle n’a pas le ton doctrinal de certaines lettres de Paul. Le mot fort est " mes frères ". Dans ce mot, il y a le sens de famille. On va retrouver les problèmes des familles : la langue, le favoritisme,… Nous avons été transférés dans la maison du fils bien-aimé, nous avons été adoptés dans une nouvelle famille pour un nouvel héritage. Jacques est le frère de Jésus.

    Jean 20,15-17 : dans la nouvelle famille, Dieu est le Père de tous, il y a Jésus et nous sommes frères et sœurs de Jésus. Marie dans le passage de Jean l’appelle Maître, mais Jésus lui dit d’aller chercher ses frères. Il y a transfert : il n’est plus le maître, il est notre frère. Les chrétiens sont mes frères, Jésus l’est aussi et nous avons tous un même père. Dans Jean 8, les juifs disent qu’ils ont Abraham pour père et Jésus leur répond qu’avant qu’Abraham fut, il était de toute éternité. Israël n’a pas rempli la condition qu’il fallait remplir et grâce à leur désobéissance, nous sommes greffés dans la famille de Dieu. Et dans une même famille, il ne doit pas y avoir de favoritisme, de différences. Cela ne veut pas dire que l’on n’a pas des relations différentes avec certaines personnes, vous avez des amis avec qui vous partagez plus de choses. C’est normal d’avoir des affinités, des relations. On croit parfois que devenu chrétien, il n’y a plus de place pour cela. Au contraire, les affinités et les amitiés deviennent plus fortes. Dans l’enfance et l’adolescence, je m’entendais mieux avec une de mes sœurs. Par contre, il ne doit pas y avoir de favoritisme (Jacques 2,1). Le mot est fort ; en grec, il signifie " délit de visage ". C’est lié à l’apparence. Le " délit de sale gueule "… J’étais arrêté à chaque fois que je passais la douane avec mon type basané. Il ne faut pas faire de différence dans nos cœurs, aimer les gens de la même façon tout en ayant des affinités.

    Romains 2,11 – Ephésiens 6,9 – Colossiens 3,25

    Devant Dieu, il n’y a pas d’acception de personne, pas de favoritisme entre maîtres et esclaves. Pas de favoritisme dans une famille. L’Ancien Testament parle aussi de ne pas faire de favoritisme.

    Deutéronome 10,17-19 appelle à aimer l’émigré, Deutéronome 1,16-17 à juger justement les émigrés, Lev 19,15 à juger équitablement les riches et les pauvres.

    Dans les Ecritures, la parité homme/femme est présente : tous deux ont total accès auprès de Dieu, même si chacun a ses propres tâches. Proverbes 31 montre les responsabilités qui peuvent incomber à une femme.

    Il y a même parité entre jeunes et anciens convertis. Chacun peut travailler pour le Seigneur.

    Pourquoi Jacques insiste sur le clivage riche/pauvre ? A son époque, les riches étaient très riches, les pauvres très pauvres. C’est toujours vrai...

    Dans l’Empire romain, la justice romaine était déléguée de l’empereur aux gouverneurs, qui déléguaient à des juges qui eux-mêmes déléguaient à des juges locaux. Ceux-ci étaient riches car ils étaient rétribués en fonction des affaires qu’ils traitaient. Zachée en est un exemple.

    1Cor 1 26-31: Dieu ne reproche jamais la richesse, l’intelligence, mais tout cela n’est pas un sujet pour se glorifier car cela n’a aucune importance, aucune valeur aux yeux de Dieu.

    Jacques 2,9 rappelle que le favoritisme est une transgression de la loi. Donc, c’est pêcher contre la loi comme l’adultère ou le meurtre. Nous faisons une différence entre ne pas aimer quelqu’un et le tuer, mais nous devons veiller à nos intentions, nos pensées. Jésus a dit que la pensée d’adultère était déjà un péché.

 

Versets 14 à 26

    On oppose souvent la foi et les œuvres. Dans notre pays catholique, on parle des bonnes œuvres. La Bible parle des œuvres bonnes, qui procèdent de l’obéissance à Dieu. Il est impossible d’accomplir les œuvres de la foi sans la foi. C’est ce que Luther a compris. A cause de la foi, je vais accomplir des œuvres pour Dieu.

    Rom 3,21-28 : définition de la foi selon Paul.

    Paul fait la différence entre les œuvres de la loi et celles de la foi. Les œuvres de la loi sont celles liées aux relations entre les hommes – ne pas tuer, ne pas voler, etc. – Jésus va agir par amour : il guérit par amour, il multiplie les pains par compassion. Le miracle de Cana est fait par amour pour les époux. Il est important que dans nos vies, nous ayons des œuvres.

    Jacques prend l’exemple d’Abraham. Romains 4,10 dit que lorsque Abraham a eu foi en Dieu, il n’était pas encore circoncis. Il n’avait donc pas encore accompli la loi. Les œuvres de la loi ne sont pas l’origine de notre vie chrétienne.

    Jacques 2,14-16 présente une petite histoire : trois personnes, l’une qui dit qu’elle a la foi, l’autre qui dit qu’elle a les œuvres, et une troisième qui est démunie. Comment résoudre le problème de cette troisième personne ? C’est lorsque le problème va se poser que je vais chercher des solutions. Il n’est pas suffisant de dire " je vais prier pour toi " et c’est très important de pouvoir dans l’église répondre à des besoins matériels. Les problèmes ainsi surviennent pour susciter notre réaction. Dieu a fait le riche et le pauvre pour qu’ils se rencontrent : vrai au plan humain, spirituel aussi. C’est face aux problèmes que la foi et les œuvres se rencontrent.

    La foi sans les œuvres ne produit rien. Nous montrons notre foi par les actions que nous accomplissons. L’amour est l’acte manifesté vis-à-vis de Dieu et des hommes.

    Ephésiens 2,10 : Dieu a préparé d’avance des œuvres bonnes : ce ne sont pas forcément des grandes choses, mais ce sont des actes d’amour que nous devons faire quand le Saint-Esprit nous y pousse. Il faut obéir promptement, car cela répond à un besoin. On ne peut pas être à l’affût de tout, seul le Saint-Esprit connaît les vrais besoins.

    Les œuvres de la foi demandent une obéissance et une confiance. Jacques prend l’exemple d’Abraham, et de Rahab.

    Genèse 22, 1-12 a obéi, son enfant a été gardé et une nation est née de cet enfant.

    Josué 2,1-13 raconte l’histoire de Rahab. Elle va partir avec le peuple juif. Elle est dans la généalogie de David en Hébreux 11,30-31. Or, elle était prostituée, et Dieu l’a faite entrer dans son œuvre. Dieu ne fait pas de favoritisme.

    Jacques 2,23 nous dit qu’Abraham devient ami de Dieu. En Jean 15, Jésus dit que les disciples sont devenus ses amis. Les œuvres de la foi font de nous des amis de Dieu.

    Equité ne veut pas dire uniformité, les besoins de chacun sont différents et le Saint-Esprit nous dira les besoins spécifiques de chacun. Sinon la foi est inutile et stérile. La foi et les œuvres doivent se rencontrer et avec cela, nous sommes des chrétiens équilibrés.

 

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