Jean Keuchkerian
8 Mars 2000
Nous avons vu la dernière fois la redécouverte de Dieu.
Jérémie 3,10-18 parle de l'infidélité d'Israël,
de la nécessité pour Israël de revenir et de reconnaître
ses péchés. Ce retour est comme une conversion, comme le retour
du fils prodigue. Quand je pêche, je reviens à Dieu et je reconnais
que j'ai pêché. L'exil d'Israël était inéluctable
mais l'exil sera un salut pour le peuple. Dieu va tout leur enlever pour qu'ils
voient que sans le temple, ils peuvent avoir une communion avec Dieu.
Dans Jérémie 23,1-8, Dieu juge les mauvais bergers et parle d'un
germe. Le verset 3 parle d'un reste à partir duquel Dieu pourra tout
restaurer. L'histoire d'Israël jusqu'à aujourd'hui est extraordinaire
: le peuple juif après la guerre n'existait quasiment plus, il n'y avait
aucune raison pour les pays de leur donner un territoire.
Après l'exil à Babylone, il y aura un retour des juifs. Puis,
en l'an 70, à nouveau les juifs furent dispersés jusqu'en 1948
où l'état d'Israël a été restauré. La
prochaine étape majeure est la reconnaissance de Jésus par le
peuple juif, puis la venue de la Jérusalem céleste.
L'exil était une malédiction pour les juifs. La lettre de Jérémie
aux exilés en Jérémie 29,1-14 les exhorte à construire
leur vie à Babylone : ce n'était pas un message populaire.
Pierre dans sa première épître - 1 Pierre 1,1 - s'adresse
aux juifs de Galatie, de Cappadoce, d'Asie. Ils étaient en exil. Nous
sommes des étrangers voyageurs sur la Terre (Hébreux 11, 8 à
16).
La lettre de Jérémie en Jérémie 29 les encourage
à s'intégrer dans la société babylonienne. Ce message
est le contraire d'un message sectaire. Aujourd'hui, nous sommes appelés
à nous intégrer dans la société, pas être
des caméléons. C'est le contraire de la démarche d'une
secte. C'est important que nous ne soyons pas des marginaux, que nous soyons
à part entière dans la société.
Jérémie 29,11 nous dit que Dieu a un avenir fait d'espérance
pour les juifs en exil. Aujourd'hui, nous chrétiens ne devons pas décourageons
enfants en disant que le monde est perdu et va à sa perte. C'est important
de ne pas se désolidariser des non-chrétiens. Les faux prophètes
annonçaient qu'il n'y avait pas d'espérance à servir Babylone.
Le monde dans lequel nous vivons n'est pas facile, mais nous sommes des étrangers
sur la terre, notre cité est céleste. Recherchons la paix, le
bonheur de l'endroit où nous sommes et donnons le meilleur témoignage
possible.
Un autre message important de Jérémie concerne la responsabilité
collective par rapport à la responsabilité individuelle devant
Dieu. Josué 7, 12-21 décrit comment la désobéissance
d'Akan qui s'était approprié des objets voués à
l'interdit priva le peuple de la bénédiction de Dieu. Le peuple
subit la défaite devant Aï et toute la famille d'Akan va disparaître.
Jérémie 31,27-32 au contraire dit que chacun mourra pour sa propre
iniquité et que Dieu établit une alliance nouvelle. Dieu casse
le cycle des conséquences des pêchés des pères.
Ezéchiel 18,1-4 rappelle le même proverbe " les pères
ont mangé des raisins verts et les dents des fils sont agacés
". Dans la nouvelle alliance, chacun est responsable de ses actes.
Le paradoxe de Jérémie, c'est qu'il encourage à l'intégration à Babylone tout en annonçant la bénédiction du retour d'exil. Paul en parle aussi en Colossiens 2,17. Tout en sachant que nous ne sommes pas des citoyens de cette terre, nous sommes appelés à vivre dans le monde d'aujourd'hui. Notre réalité est en Christ et là est notre source de sagesse et d'inspiration pour la vie terrestre. Pendant 70 ans, les juifs ont été privés de temple, privés de leiu de réunion, de sacrifices, de la présence de Dieu. Dieu les a bénis dans cet exil tout en leur promettant le retour. De même, nous sommes appelés à être des étrangers sur la terre intégrés dans la société en sachant que notre cité est dans les cieux.
Jérémie est mort en Egypte. Son ministère a été difficile. Jérémie est mentionné en Matthieu 16,14, à la même hauteur que Jean-Baptiste ou Elie.