La souffrance

Eric Jaffrain

Jacques 1,2-4. Une publicité à la télévision disait que le gouvernement faisait tout pour enlever la souffrance. La société nous enseigne qu'il faut à tous prix éviter la souffrance, la douleur, parce qu'elle nous détruit. Dans notre monde, le plus fort écrase le plus faible. Le Seigneur nous apprend tout le contraire. Dans notre société, il y a des rapports dominants/ dominés. Mais la parole nous dit que la souffrance fait partie de notre formation . j'ai reçu cette révélation que nos épreuves nous apprenaient à nous dominer. Dieu veut nous montrer le passage par une épreuve comme une formation pour apprendre à faire mieux. Les épreuves ne sont pas faites pour nous détruire, mais pour nous former.
On peut remplacer presque le mot épreuve par le mot souffrance quand on le trouve dans la Bible, et le mot épreuve par le mot formation.
Nous sommes passés avec mon épouse par de véritables épreuves : il y a 5 ans, je suis devenu diabétique. J'ai arrêté de travailler pendant trois mois, mon entreprise a failli couler. Dans l'épreuve, nous nous remettons en question : " je n'ai pas assez prié, pas assez lu ma Bible,… " . Il est difficile de se reposer en Dieu dans l'épreuve. Jésus est mort sur la croix : il a vaincu la mort en ressuscitant, mais il est mort d'abord. Comme le grain de blé qui meurt avant de porter du fruit.
Pendant les trois mois à l'hôpital, Dieu m'a montré que je dirigeais trop l'entreprise. Cet arrêt obligatoire m'a obligé à passer la main ; Je ne voulais pas lâcher une partie de mon pouvoir, alors que le Seigneur dit : " plus tu lâches du pouvoir, plus je te donne ". Il nous donne de Son esprit
Matthieu 5 : les béatitudes semblent paradoxales, car la première partie des versets dit " heureux les pauvres en esprit, ceux qui sont persécutés, ceux qui pleurent,… ". Mais si on retourne les versets, on réalise que tout le bonheur que Dieu veut nous donner passe par des situations de vulnérabilité. Plus nous sommes vulnérables en Dieu, comme des enfants, plus Dieu nous remplit.
Donc, je demandais à Dieu que faire pour mon entreprise, je lui demandais des grandes choses spirituelles et Il m'a formé. Dans les épreuves, on ne voit plus le côté formation. Mais Dieu nous forme.
Le diabète ne m'a posé que des problèmes, mais les situations douloureuses font diminuer notre moi.
Ephésiens 1,7 nous dit que par le sacrifice du Christ, le sang du Christ, nous avons le pardon des pêchés. Quand nous souffrons, nous perdons un peu de notre vie. Mais c'est en donnant Sa vie que Jésus nous a sauvés. " Celui qui perdra sa vie la gagnera ". Nous n'aimons pas souffrir. Pour que nos pêchés soient pardonnés et être délivrés du mal, nous devons croire au sacrifice de Jésus. Pêcher, c'est manquer le but. Quel est le but dans notre société ? Dominer, être envié, réussir. Toute la société fonctionne comme cela. Tous les objectifs et moyens mis en oeuvre visent à atteindre le bonheur, l'absence de souffrance. Mais le pêché qui nous domine empêche de réussir. Il faut mourir pour se donner, comme le grain de blé. A ma conversion, j'avais vraiment peur. Quand on vit des épreuves, on peut la vivre avec la paix, et c'est un signe de Dieu qui montre qu'Il veut nous apprendre quelque chose. Nous pouvons fâcher nos enfants et c'est douloureux pour eux d'être fâchés. Dans nos épreuves, c'est dur et Dieu nous dit en même temps qu'Il le permet pour nous éviter des souffrances plus grandes.
Matthieu 13, la parabole du semeur, montre trois mauvaises réactions à l'épreuve : par l'esprit mauvais, c'est-à-dire par la colère et la méchanceté. Une deuxième réaction est par la chute dans l'épreuve sous la pression des circonstances, en oubliant le côté formation de l'épreuve. La troisième réaction est dans la fuite, dans la recherche de plaisirs. La bonne réaction au verset 23 reçoit l'épreuve de Dieu.
Dieu nous apprend tout doucement à sortir de notre Moi, à laisser tomber nos réflexes d'autodéfense.
Philippiens 3,10
La souffrance est dure. Mais elle est pour notre bien. Elle nous apprend à mourir à des sujets sur lesquels Satan peut nous tourmenter. Je ne suis plus susceptible comme autrefois, Dieu m'a délivré. Une fois délivré, une fois " mort ", Satan n'a plus de prise.
Psaume 94,18 : quand on ne tient plus debout, qu'on est surchargé de soucis, le Seigneur nous tient debout. Longtemps, j'ai cru que le fait d'être soucieux et peiné venait de mon environnement, mes circonstances. Mais j'ai compris que je devais abandonner mes soucis, ma tristesse au Seigneur. Dans la société, on pointe du doigt les gens fragiles. Mais Jésus, lorsqu'on lui apporte notre souffrance, il la prend, la met en terre et en ressort une belle plante.
Mon père a plus de 300 bonsaïs. Un jour, une de mes plantes n'allait pas bien. Il m'a dit : " arrache-là, enlève une partie de se racines, replante-là et elle produira deux fois plus de fleurs.
Le Seigneur peut agir comme cela avec nous, nous éprouver pour nous faire porter deux fois plus de fleurs.
Ce n'est pas la méthode que nous enseigne la société.
Philippiens 3,4 : la société nous enseigne comment nous appuyer sur des pratiques humaines. Or nous avançons par la foi, la foi est une formation. Avec le temps, on met en pratique des façons de faire, des méthodes. Quand j'étais évangéliste itinérant, je lisais la Bible , je priais des heures par jour. Entré dans le monde de travail, j'ai passé beaucoup moins de temps dans la prière et la lecture de la Bible et je me suis appuyé sur la sécurité matérielle.
C'est aussi pour cela que nous sommes exhortés à considérer les autres comme plus grand que nous.
Quand je suis grand, je porte quelqu'un vers moi. Quand je suis petit, je porte la personne au-dessus de moi. C'est quand je suis faible , je suis petit, que je peux porter les personnes.
Ëtre en bonne santé, c'est donner sa vie, porter du fruit. Et Lui nous donne tout en retour. Quand je vois quelqu'un dans l'épreuve, je me demande tout de suite " Seigneur, que veux-tu m'apprendre ? "
Jésus est venu une bonne fois pour toutes pour que nous ne souffrions pas, mais la mort fait partie de notre vie. Dieu guérit les corps.
Si nous votons quelqu'un dans la souffrance, il n'y a pas de place pour le jugement. Cherchons à distinguer la formation que Dieu veut donner et contribuons à cette formation, en nous plaçant au-dessous pour aider à porter l'autre.

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