Histoire de l'église

Chrétiens illustres
Martin de Tours
Sulpice Sévère, Vie de Saint Martin, Trad . J. Fontaine, 3 vol., Le Cerf, collection Sources Chrétiennes, n° 133,134 http://www.users.csbsju.edu/~eknuth/npnf2-11/sulpitiu/lifemart.html

Sites web traitant de l'histoire de l'église
Histoire des camisards
Le site http://www.camisards.net se propose de mettre à disposition d'un public le plus large possible, toute étude, tout essai, tout texte, toute information et l'avis de toute manifestation ayant trait à la guerre des camisards. La "guerre des camisards" est ce soulèvement armé qui mobilisa les protestants des Cévennes
et d'une partie de la plaine du Bas-Languedoc contre le pouvoir royal de 1702 à 1705.

Histoire religieuse de l'Auvergne
Le protestantisme dans le Puy-de-Dôme
informations tirées du colloque sur "Les Protestants Auvergnats au temps de la révocation de l'Edit de Nantes"

édité par l'A.R.G.H.A, 11 Rue des Saulées 63400 Chamalières, arghain@nat.fr,

Le luthéranisme est apparu en Auvergne en 1537 avec le livre de l'Ave Maria brûlé à Clermont.
En 1540, arrive à Issoire un ancien moine jacobin allemand qui convertit les consuls à la
foi luthérienne. Parmi les nouveaux adeptes se trouve Jean Brugière, le receveur du
cens. Le bailli, voulant faire un exemple, le condamne à être brûlé vif en 1547. Sa fermeté devant
la mort engendre toutefois de nombreuses conversions. Issoire devient " une petite
Genève " où coule le sang de nombreux martyrs de la foi nouvelle.
Le capitaine Merle (1548-1590) - Issu d'une famille d'Uzès, noble mais désargentée,
Merle embrasse de bonne heure la carrière des armes. Il se signale par une bravoure
extraordinaire. Après la Saint Barthélemy, il mène une lutte sans merci contre les
catholiques. Le 15 octobre 1575, il prend Issoire, puis démolit les tours de l'église.
L'armée catholique du Duc d'Anjou, frère du roi, reprend la ville en 1577, lui fait subir un
sac effroyable et y met le feu.

L'édit de Nantes (1598)
Cet acte législatif royal fixe les conditions de la « pacification » du royaume de France après presque quatre décennies de guerres religieuses
qui ont fait des milliers et des milliers de morts, tant catholiques que protestants. Ce document est en fait le douzième « édit de pacification »
(chacun désigné du nom de l'endroit où il fut signé) du pouvoir royal depuis l'exécution, en 1560, d'un jeune conseiller-clerc du parlement de
Paris, Anne du Bourg, qui avait pris la défense des huguenots.
L'édit de Nantes affirme l'entière liberté de conscience des fidèles de ce qu'on appelait alors la « religion prétendue réformée » (la RPR). Il fixe les limites de la
liberté de culte accordée aux protestants : entière là où ils sont déjà majoritaires et sur les fiefs des châtelains huguenots, qui bénéficient d'une
sorte d'exterritorialité ; réduite, par contre, à deux localités par bailliage ailleurs, mais en l'excluant totalement de la capitale et de toutes les
grandes cités épiscopales. C'est ainsi que les religionnaires nantais devront se rendre à Sucé, à 15 kilomètres de chez eux, pour célébrer la
Cène. Deux documents annexes accordent aux réformés, l'un, la possession d'une soixantaine de « places de sûreté », ayant chacune un
gouverneur protestant et une garnison protestante dont le roi payera la solde et, l'autre, une subvention, modeste certes, aux ministres du culte
réformé.

Extraits de la contribution de B. Dompnier au colloque de l'ARGHA :

"L'organisation des églises réformées au XVIIème siècle rattachait les lieux de culte de l'actuelle région Auvergne à deux "provinces" différentes. Les églises du Velay étaient rattâchées à la province synodale du Vivarais : les autres situées en Auvergne proprement dite appartenaient au vaste colloque du Lyonnais.

Au nombre de quatre, les églises auvergnates du colloque du Lyonnais étaient très distantes les unes des autres. La première de ces églises était Maringues, premier lieu du baillage de Riom, où le culte fut autorisé en 1603. Dans cette cité active par son artisanat - la tannerie - et son commerce, un noyau réformé avait été présent assez tôt au XVIème siècle.

En 1603 aussi, Pailhat avait été donné aux huguenots auvergnats comme second leiu de culte du baillage de Riom. Située sur le territoire de la paroisse de Job, cette église réunissait les paysans protestants d'une bonne douzaine de villages ou hameaux de la montagne d'Ambert.

Parentignat présentait la particularité d'être une église sans fidèles résidant sur place. Le culte n'y fut autorisé qu'en 1618, à l'intention des protestants de la ville d'Issoire, située sur l'autre rive de l'Allier. Nombreux dès le XVIème siècle, les réformés d'Issoire ne purent obtenir que leur cité ait droit à un temple, tant l'opposition catholique fut forte.

A La Gazelle, localité de la paroisse de Ségur, dans l'actuel Cantal, le temple regroupait les habitants de seize bourgs ou village.

Sur le "plateau" aux confins du Vivarais et du Velay, la situation est assez différente . Des communautés protestantes importantes se rencontrent au Chambon-Sur-Lignon, au Mazet-Saint-Voy,... Il y a là un noyau important , fort d'environ 8 à 9000 membres au début du XVIIème siècle et de plus de 5000 membres à la révocation de l'édit de Nantes en 1685.

Les 4 églises auvergnates (Maringues, Pauilhat, Parentignat et la Gazelle) arrivent difficilement au total de 1000 fidèles en 1685. Ces protestants auvergnats appartiennent majoritairement au monde rural et aux catégories populaires. La communauté protestante de Maringues présente un profil un peu différent : on y trouve les diverses composantes d'une société urbaine : trois familles nobles, trois médecins, un avocat, un chirurgien, des marchands et surtout des artisans. Le grand Turenne, général célèbre de Louis XIV, est le fils d'un seigneur huguenot né à Joze.

Avec des différences d'intensité selon les régions, le clergé catholique mena une lutte continue contre le protestantisme. Jésuites, capucins, récollets intervinrent de diverses manières dans les contrées protestantes, engageant la controverse, prêchant, organisant des missions. En Auvergne, comme ailleurs, la première étape de cette lutte fut l'installation de couvents.

A partir des années 1660, l'offensive devint plus ample et se diversifia dans ses méthodes. L'Edit de Nantes est appliqué à la lettre, les conversions au catholiscisme sont accompagnées de gratifications versées par le clergé du diocèse, puis les drago

ns sont envoyés dans le Vivarais dès 1683-1684.

Dès l'annonce de la la révocation de l'Edit de Nantes en 1685, le mouvement de départ vers l'étranger qui avait commencé des décennies auparavant, s'amplifie. De nombreux départs ont lieu à Pailhat, à Maringues, vers la Suisse, l'Allemagne, les Amériques. Au total, Maringues excepté, l'exode ne fut pas massif Les protestants étaient surtout des ruraux, attâchés à leurs terres. Dès 1685 et 1686, des missionnaires catholiques sont envoyés pour obtenir des conversions et instruire les "Nouveaux-Convertis". Forte au début, la résistance va s'épuiser et le protestantisme auvergnat s'éteint doucement au XVIIIème siècle, sauf sur le "Plateau" en Velay oriental où s'organise un culte du Désert.

Retour Enseignements