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D'où viennent les Églises Évangéliques de Réveil ?

Le mouvement des Églises Évangéliques de Réveil , dont fait partie l'église de Clermont-Ferrand, est né dans la deuxième moitié des années 1930 à la suite des campagnes de réveil de l'évangéliste gallois George Jeffreys,

fondateur en Grande Bretagne de l'Église évangélique Elim au début des années vingt. Sa prédication de l'évangiles aux quatre angles eut un tel retentissement que 12'000 personnes se sont converties en Suisse durant l'année 1935 ; en 1936, il y eut 2'000 conversions supplémentaires en deux semaines seulement. Le “Principal” George Jeffreys ne travaillait pas seul. Douglas Scott (1900-1967), qui avait reçu le baptême dans le Saint Esprit par l'imposition des mains de George Jeffreys, a mené des campagnes d'évangélisation qui ont introduit le pentecôtisme en France (donnant naissance aux Assemblées de Dieu), en Belgique et en Suisse.

Un soir de 1930, au Mont Pèlerin, Douglas Scott pointa le doigt vers un jeune homme de 19 ans, Arthur Maret, qui assistait à la réunion. Arthur Maret avait fait un apprentissage de mécanicien chez Allegro, fabriquant de vélos et de motos. Passionné par le vélo et la compétition, il avait gagné plusieurs courses, jusqu'à un grave accident dont il s'était relevé sans une égratignure, alors que son vélo était entièrement détruit. Ce miracle lui avait donné beaucoup à réfléchir à la possibilité d'un Dieu qui l'aimait.

Ce soir-là, au Mont Pèlerin, après la réunion, Douglas Scott lui dit :

*Jeune homme, vous avez reçu le baptême dans le Saint-Esprit, je le vois. Maintenant, qu'allez-vous faire ?

*J'ai la conviction que Dieu m'appelle en France, mais je ne sais où, ni comment, ni quand.

*Eh bien, venez avec moi !

Arthur Maret, qui allait devenir l'un des fondateurs des EER, commença ainsi sa formation aux côtés de Douglas Scott, en méditant ses prédications, en priant et en imposant les mains avec lui pour de nombreux malades. Il voyagea ensuite principalement en Belgique et dans le nord de la France. Des choses étonnantes se produisaient sur son passage : des guérisons, des délivrances et des miracles spectaculaires accompagnaient sa prédication de l'évangile aux quatre angles. En 1933, à Calais, Arthur Lorenz épouse Henriette Chiron, fille d'un coutelier de la ville ; c'est à Calais également qu'il retrouve aussi son ami Ernest Lorenz. Deux ans plus tard, il seconde Adolphe Hunziker à Lille ; tous trois participent à la fondation des Assemblées de Dieu en France.

Pourtant, début 1936, Arthur Maret rejoint Adolphe Hunziker à Genève, où venaient de se produire des événements importants.

 

Création de la première Église de Réveil à Genève en 1935

C'est à cette époque en effet que fut créée l'EER à Genève, suite à deux missions de George Jeffreys. Les responsables de la campagne avaient le désir de créer une Église de Réveil dans leur ville pour y accueillir en toute liberté ceux et celles qui avaient été touchés par l'Évangile. Mais cette idée ne rencontra pas l'unanimité au sein de l'Union pour le Réveil qui espérait vraiment que le “ réveil charismatique ” pénètre l'Église officielle. Malgré l'opposition générale, le pasteur Hunziker, entouré d'une demi-douzaine de personnes, pensa qu'il fallait “ des outres neuves pour recevoir le vin nouveau ”. Et c'est ainsi que, par voie de presse, ces amis de George Jeffreys annoncèrent la première réunion de Réveil d'une église naissante, qui eut lieu au troisième étage du Bâtiment de la Réformation, le mercredi 20 novembre 1935.

Ce 20 novembre, une trentaine de personnes étaient là, un peu curieuses de connaître cette Église de Réveil naissante. On y proclamait le “ Plein Évangile ” et l'on imposait les mains aux malades. Peu à peu, malgré de fortes oppositions, l'auditoire grandit.

Quel était donc le message du pasteur Hunziker et de son cher ami Maret qui le rejoignit en février 1936 ?

C'était exactement le même que celui du Principal G eorge Jeffreys " l'évangile aux quatre angles".

L'évangile aux quatre angles et Sœur McPherson

Le cœur de leur prédication et de leur évangélisation était formé de ces quatre affirmations :

Jésus sauve.... Jésus guérit... Jésus baptise de son Esprit... Jésus revient...

Le nom d'évangile aux quatre angles vient d'une expérience vécue par Aimee Semple McPherson,

appelée Soeur MacPherson par son entourage.

En juillet 1922, lors d'un congrès à Oakland (Californie), “ Sœur ” prêcha sur la vision des quatre chérubins d'Ézéchiel en expliquant que les quatre faces de ces chérubins représentaient les quatre piliers du ministère de Jésus-Christ.

Ces quatre propositions existaient en partie dans le mouvement de sainteté au XIXe siècle, propagé par A.B. Simpson en 1890 dans Les quatre fondements de l'Évangile, mais elles n'étaient proclamées que dans les milieux pentecôtistes. Elles furent surtout popularisées par Sœur McPherson qui, suite à ses nombreux voyages intercontinentaux, créa une charte de l'Évangile aux quatre angles qu'elle fit signer par plusieurs dénominations en accord avec ce message.

Le Principal George Jeffreys continua de porter ce message. Né en 1889 dans une famille chrétienne qui appartenait à la Welsh Independant Church, il fit l'expérience de la Pentecôte en 1911. Appelé par le Seigneur, il commença de prêcher l'évangile en septembre 1912, envoyé par les Églises Apostoliques Indépendantes. Trois ans plus tard, aidé par une joyeuse troupe de revivalistes, il fonde à Monaghan, en Irlande du Nord, le mouvement des églises Elim. Son ministère se poursuivit pour un temps au Canada, puis il revint au Royaume Uni. Ce ne fut qu'en 1925 qu'il commença sa “ carrière ” européenne. Partout en Europe, il porta le message du “ Plein Évangile ” et nombreuses furent les personnes touchées, guéries et transformées par Jésus-Christ. Il visita la Suisse en 1934-1936, où il rencontra beaucoup de succès, puisqu'on estime à 14'000 le nombre des personnes converties par son ministère.

La nature de l'Évangile aux quatre angles (Foursquare Gospel)

(Foursquare Gospel)

L'expression foursquare, en anglais, signifie ordinairement “ solide ” ; l'Évangile aux quatre angles est donc un évangile solide, complet, un “ plein évangile ”.

Aimee Semple McPherson, lors d'une campagne d'évangélisation à Oakland (Californie) en juillet 1922, eut un moment d'“ inspiration divine ” alors qu'elle prêchait sur la vision d'Ézéchiel (Ézéchiel 1 :4-10) des chérubins (ou des animaux) aux quatre visages. Elle comprit que ces quatre visages représentaient les quatre faces du ministère de Jésus-Christ. Les quatre enseignements principaux de l'Évangile aux quatre angles décrivent Jésus-Christ comme le sauveur, comme celui qui baptise dans le Saint Esprit, comme celui qui guérit, et comme le Roi qui vient. Et c'est à partir de cette expérience qu'elle “ pentecôtisa ” l'enseignement d'A.B. Simpson qui, dès 1890, dans Le quadruple évangile, caractérisait lui aussi le Christ comme celui qui sauve, celui qui sanctifie, celui qui guérit et celui qui reviendra comme roi. Mais c'est “ Sœur ” McPherson qui popularisa cet enseignement.

On sait que George Jeffreys fit un voyage de 7 mois au Canada et aux États-Unis en 1924. C'est là peut-être qu'il a entendu cet enseignement ; toujours est-il que c'est entre 1925 et 1934 qu'il fit ses plus grandes tournées d'évangélisation, rassemblant partout des foules immenses, avec des guérisons par douzaines et des conversions par milliers.

L'évangile aux quatre angles reste au cœur de la confession de foi des EER.

 

 

 

 

Naissance de l'EER de Bienne

En juin 1934, des réunions d'évangélisation ont eu lieu au temple du Pasquart. Les organisateurs de ces réunions venaient de différentes églises de Suisse romande. Les messages étaient apportés par le Principal George Jeffreys, et à Bienne également, il y eut plusieurs guérisons par la prière et de très nombreuses conversions.

À la suite de ces rencontres, un comité fut formé pour la continuation de réunions ; il était convenu qu'elles seraient présidées chaque semaine par plusieurs pasteurs. Ernest Lorenz, devenu agent de l'Union pour le Réveil, en assurait la responsabilité.

Simultanément, un notaire, membre du “ Comité Jeffreys ”, commença de réunir une petite communauté dans sa maison ; un bijoutier, M. Iseli, lui aussi membre du “ Comité Jeffreys ”, en faisait également partie. Les réunions étaient présidées en allemand par M. Schaer, employé supérieur aux PTT à Berne.

M. Iseli était bilingue. Quelques personnes, qui se réunissaient une fois par semaine dans une petite salle de l'hôtel Schweizerhof, lui demandèrent de présider leurs rencontres. Cet appel fut accepté par M. Iseli, et ce fut le début de l'Église évangélique de Réveil de Bienne.

Quelque pasteurs des autres EER prêtèrent main forte à la communauté, jusqu'à l'arrivée du pasteur Calame dans les années soixante. Puis vinrent Gilbert Schwerzmann, Eduardo Cino, les visites régulières de Marcel Ziehli, Denis Boder et maintenant Jean-Paul Burkhard.

L'histoire détaillée de ces six à sept décennies reste à écrire !

Nous avons évoqué plusieurs fois Arthur Maret. Dans son livre de souvenirs paru en 1976, il écrit ceci : “ L'Église Évangélique de Réveil a-t-elle encore un message de la part de Dieu à son peuple aujourd'hui ? OUI --- À une condition : nos églises, nées d'un grand courant de l'Esprit, doivent rester vivantes, ouvertes, offensives et charismatiques. Elles doivent annoncer Jésus-Christ dans la puissance de l'Esprit… ” La dernière ligne de son livre cite 1 Thessaloniciens 5.19 comme une interpellation et un avertissement de Dieu à tous : Ne pas éteindre l'Esprit !

Adolphe Hunziker, Souviens-toi…,

Éditions Radio Réveil, Bevaix, 1985, page 110.

Arthur et Henriette Maret, Vous serez mes témoins, 1976.